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Infos en français facile : Édition du 03/06/2018 20h00

Transcription

Adrien Delgrange : 22h à Paris, 21h au large de la Tunisie. Vous écoutez RFI. L’heure quotidienne de retrouver votre Journal en français facile ce soir présenté avec Sylvie Berruet. Bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Adrien. Voici les titres : «l’Italie ne peut pas être le camp de réfugiés de l’Europe », déclaration aujourd’hui - en Sicile - de Matteo Salvini, le leader de l’extrême droite italienne, devenu ministre.

AD : Au Nicaragua, il y a eu 6 morts hier lors d’une manifestation contre le président Daniel Ortega. Le pape François, que vous entendrez, appelle au calme.

SB : Pour avoir rejoint le groupe État islamique en Irak, une Française, Mélina Boughédir, échappe à la peine de mort, mais fera de la prison.

AD : Quant à l’expression de la semaine, Yvan Amar nous expliquera l’expression « tuer dans l’œuf ».

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SB : Et tout d’abord, Adrien, des Hommes et des Femmes qui voulaient rejoindre l’Europe, à partir du continent africain ne sont jamais arrivés.

AD : Au moins 47 migrants sont morts noyés dans le naufrage d’un bateau au large des côtes de la Tunisie, annonce aujourd’hui le ministère tunisien de la Défense. 47 corps - sans vie - ont été repêchés au large des côtes de Sfax, 68 migrants ont pu être secourus, c’est un bilan encore provisoire. L’identité des personnes décédées n’est pas connue. Leur embarcation avait été repérée dans la nuit alors qu’elle était « sur le point de couler ».

SB : Au même moment, le nouveau ministre italien de l’Intérieur est en face de la Tunisie en Sicile pour marteler, insister, sur son discours anti-immigration.

AD : Matéo Salvini vient soutenir sur l’île les candidats de « la Ligue », parti d’extrême droite ; aux élections municipales partielles du 10 juin. Après une première étape à Catane, il a visité le « hot spot » de Pozzallo, centre d’accueil et de sélection, où 258 migrants sont arrivés vendredi soir à bord d’un navire humanitaire. L’occasion pour le chef de l’extrême droite de réaffirmer ses priorités en matière d’immigration. Juliette Gheerbrant

La Sicile ne doit plus être le camp de réfugiés de l’Europe a déclaré Matteo Salvini à Catane. Depuis deux jours le Vice Premier ministre multiplie les déclarations sur le sujet. Il a appelé les migrants clandestins à je cite « faire leurs valises ». Il entend réduire le budget alloué à l’accueil et augmenter le nombre des expulsions. Quant aux bateaux humanitaires, qualifiés de passeurs adjoints, plus aucun ne doit accoster en Italie estime-t-il. Réagissant aux deux naufrages survenus dimanche au large de la Tunisie et de la Turquie, le ministre a déclaré que la solution pour sauver des vies c’était d’empêcher les migrants de prendre la mer. Et qu’il ferait tout pour y parvenir en travaillant avec les pays de départ. À Catane dimanche quelques dizaines de personnes ont brièvement manifesté leur opposition avec une banderole invitant le ministre à rentrer chez lui. Les protestations on s’en fout a-t-il répondu, nous suivrons notre ligne. Une ligne que Matteo Salvini entend défendre auprès de ses partenaires de l’Union européenne. Il sera mardi à Luxembourg pour une réunion des 28 ministres de l’Intérieur. Au programme la révision de l’accord de Dublin qui oblige les migrants à déposer leur demande d’asile dans le premier pays européen où ils arrivent.

AD : Dans l’actualité, depuis plusieurs nuits il y a des manifestations populaires en Jordanie. Des rassemblements à Aman la capitale, contre la hausse des prix en général et contre un projet de loi sur l’augmentation des impôts.

SB : La Condamnation aujourd’hui en Irak de Mélina Boughédir. Âgée de 27 ans, la Française Mélina Boughedir a été condamnée à la prison à perpétuité par un tribunal de Bagdad.

AD : Une peine qui correspond selon le doit irakien à 20 ans de réclusion. La justice irakienne lui reproche d’avoir rejoint le groupe État islamique en 2015. De nombreuses réactions, Paris dit respecter « la souveraineté des juridictions irakiennes ». Quant à la fédération internationale des droits de l’homme, elle estime que le procès n’a « en aucun cas » respecté les droits à la défense de Mélina Boughedir.

SB : Le Nicaragua a vécu une nouvelle journée de violence hier, samedi.

AD : Six personnes, dont un Américain, sont mortes lors d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Ça s’est passé à Masaya, ville située à 20 kilomètres au sud-est de la capitale : Managua. Depuis 1 mois et demi le président- Daniel Ortega - est confronté à une vague de protestation notamment de la part des étudiants. Une centaine de personnes sont mortes depuis le début des manifestations. Ce dimanche, le pape François, le représentant des catholiques dans le monde, appelle au calme.

« Je rejoins mes frères évêques du Nicaragua pour exprimer ma douleur face à des violences importantes qui ont fait des morts et des blessés, des violences commises par des groupes armés avec l’objectif de réprimer les manifestations sociales. Je prie pour les victimes et leurs familles. L’église est toujours favorable au dialogue. Mais cela suppose un engagement effectif à respecter la liberté, et avant tout, la vie. Je prie pour que cessent toutes les violences et pour que soient réunies le plus rapidement possible les conditions pour la reprise d’un dialogue. »

SB : RFI il est 4h06 à Pékin. Le secrétaire américain au commerce - Wilbur Ross - est en Chine.

AD : Accompagné d’une équipe d’une cinquantaine de négociateurs, Wilbur Ross est venu poursuivre les discussions au sujet des problèmes commerciaux qui opposent la Chine aux États-Unis. Washington demande que Pékin achète davantage de produits américains dans le but de réduire son déficit commercial. C’est-à-dire rééquilibrer la part des importations et des exportations. La Chine montre des signes d’ouverture sans toutefois s’engager concrètement. À Shanghai, Angélique Forget.

Sitôt la rencontre avec Wilbur Ross et le vice-premier ministre chinois terminée, Pékin a publié un communiqué dans lequel sont évoquées des avancées « concrètes et positives ». Les négociateurs chinois ont abordé ces pourparlers avec un objectif : calmer le jeu, empêcher l’instauration de nouvelles barrières douanières américaines. Et temporiser alors que Washington exige des changements concrets et structurels. Pour l’instant, aucune annonce chiffrée, aucun engagement n’a été pris, mais d’après les informations publiées dans la presse officielle chinoise, la Chine et les États-Unis ont réaffirmé leur souhait de ne pas entrer dans une guerre commerciale. Une promesse que les 2 plus grandes économies de la planète s’étaient déjà faite en mai dernier à Washington avant que Donald Trump ne remette sur la table des menaces d’instauration de barrières douanières. Un ultimatum que Pékin n’a pas du tout apprécié. Le vice-premier ministre chinois LIU He en charge des négociations l’a fait savoir à Wilbur Ross : si les menaces continuent, la Chine reviendra sur les derniers signes d’ouverture qu’elle a montrés.

SB : Place toute de suite à l’expression de la semaine.

AD : Toujours en écho à l’actualité. Notamment au Mali. Yvan Amar, vous avez retenu l’expression « tuer dans l’œuf ».

Le mécontentement populaire au Mali s’est-il vraiment exprimé ? Pas autant qu’on aurait pu le penser, car les manifestations ont été étouffées dans l’œuf : RFI l’annonçait : les forces de l’ordre ont tué dans l’œuf ce qui apparaissait comme une démonstration de force des opposants à l’approche de la présidentielle de juillet prochain. Une image forte et assez pittoresque, mais qu’on comprend facilement : les manifestations n’ont pas eu le temps de s’organiser, de se déployer : alors qu’elles en étaient encore occupées à se mettre en place, elles ont été dispersées par la police, qui a occupé les points de départ et d’arrivée des cortèges. Elle a donc été tuée dans l’œuf, cette expression du mécontentement ! C’est-à-dire avant qu’elle ait pu éclore et fleurir : avant même d’être née. C’est bien là ce qui explique le sens : de l’œuf fécondé va sortir va naître le poussin. On a donc l’idée de ce qu’on force à avorter : on en coupe le développement, sachant qu’il est bien plus facile et bien plus radical de s’en débarrasser à ce moment-là qu’à un stade ultérieur : ce n’est pas « on supprime », mais c’est « on empêche que ça ait lieu ! ». On a aussi une formule assez proche : couper le mal à la racine : l’image est végétale, elle évoque les plantes. Mais le résultat est le même : on barre un développement possible. Et là c’est clair : il s’agit toujours d’une phrase très négative, puisqu’on coupe le mal. En revanche quand on étouffe dans l’œuf, il peut s’agir d’un mouvement de résistance ou d’un mouvement qu’on ne condamne pas en utilisant l’expression.

Article publié le 03/06/2018

RFI - Radio France Internationale