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Infos en français facile : Édition du 02/06/2018 20h00

Transcription

Romain Auzouy : Vous écoutez RFI il est 22h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté ce soir avec Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une de l’actualité ce soir : Pedro Sanchez a prêté serment devant le roi d’Espagne. Il est le nouveau chef du gouvernement, au lendemain de la chute de Mariano Rajoy.

SB : Au Mali au moins 16 personnes blessées selon l’opposition qui organisait une manifestation. Le rassemblement n’avait pas été autorisé par le pouvoir. Il intervenait à deux mois de l’élection présidentielle.

RA : En sport, actuellement se déroule la finale du Championnat de France de rugby. Montpellier affronte Castres. À la mi-temps c’est Castres qui mène 19 à 6. Et puis en tennis, il ne reste plus qu’une Française à Roland Garros, c’est Caroline Garcia. Richard Gasquet, Gaël Monfils, Lucas Pouille et Pierre-Hugues Herbert ont été battus dès le troisième tour.

SB : Et puis à la fin de cette édition, nous nous intéresserons au mot de la semaine, choisi par Yvan Amar.

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SB : Le nouvel homme fort de l’Espagne prend ses fonctions : Pedro Sanchez a prêté serment ce samedi.

RA : La prestation de serment c’est toujours une cérémonie très officielle qui marque l’entrée en fonction d’un nouveau dirigeant. En Espagne, cela se passe devant le roi Felipe VI. Ce samedi, Mariano Rajoy était également présent, lui qui a été chef du gouvernement pendant plus de six ans avant d’être destitué hier, à profit donc de Pedro Sanchez. Le plus dur commence pour le dirigeant socialiste qui va devoir former un gouvernement, un véritable défi Achim Lippold.

Pedro Sanchez n’aura pas le temps de fêter son accession inattendue au pouvoir. Les tractations en vue de former un gouvernement ont déjà commencé. Une question est déjà tranchée : ce sera une équipe 100 % socialiste. Le parti de la gauche radicale Podemos avait souhaité occuper quelques postes, mais son vœu n’a pas été exaucé. Pedro Sanchez veut montrer qu’il est capable de gouverner le pays avec ses 84 députés socialistes — c’est à dire seulement un quart des « Cortes » le parlement — et si possible jusqu’à la fin de la législature en 2020. Le problème c’est que ses alliés de circonstances, à savoir Podemos et les nationalistes basques et catalans lui ont déjà fait savoir que leur soutien n’était pas un chèque en blanc. Cette majorité instable rend l’avenir de Pedro Sanchez incertain et limite forcément sa marge de manœuvre. Mais tous ces partenaires ont finalement un intérêt commun : ni le PSOE, ni les partis nationalistes ni Podemos ne souhaitent des élections anticipées. Au contraire des centristes de Ciudadanos et pour cause : selon sondages ils seraient aujourd’hui largement victorieux. Parmi les dossiers qui attendent le nouveau premier ministre, celui de la Catalogne. Son nouveau dirigeant Quim Torra, qui a également prêté serment ce samedi, vient de l’appeler à des discussions. Jeudi dernier, Pedro Sanchez avait déclaré qu’il essayerait d’établir des liens avec le gouvernement catalan.

SB : Au Mali, la police est intervenue lors d’une manifestation de l’opposition ce samedi.

RA : Au moins 16 personnes ont été blessées selon la Coalition pour l’Alternance et le Changement, qui organisait le rassemblement. La manifestation avait été interdite par le pouvoir, elle a mobilisé plusieurs centaines de personnes, à deux mois de l’élection présidentielle au Mali où le Président Ibrahim Boubacar Keïta va tenter de remporter un second mandat.

SB : Au Brésil, les syndicats du secteur routier font part de leur satisfaction au lendemain de la démission du Président de Petrobras.

RA : Petrobras, le géant du pétrole au Brésil. Pedro Parente n’aura pas résisté au mouvement de grève des routiers ces dernières semaines. Mouvement qui a pris fin quand le Président Michel Temer a accepté les revendications des protestataires, à savoir des prix plus bas. Car jusque-là c’est Petrobras qui fixait les prix du carburant, alignés sur les cours du pétrole. Désormais la gestion revient à l’État. Et l’homme qui devra mener à bien cette mission, c’est le directeur financier du groupe, Aabla Jounaidi.

Selon la presse brésilienne en effet, c’est Ivan Monteiro, le directeur financier du groupe qui deviendrait directeur général à la place de Pedro Parente, dont la position était devenue intenable. Décrit comme un technicien très rigoureux, Ivan Monteiro est censé mettre en place le nouveau mécanisme de fixation du prix du diesel, qui pendant 6 mois doit alléger le fardeau des Brésiliens. Ce mécanisme consisterait pour l’État à payer à Petrobras la différence entre un prix de référence, lié au cours mondial du brut et le prix de vente sur le marché brésilien. Facture estimée pour le gouvernement, 2,2 milliards d’euros. Le président brésilien, le très impopulaire Michel Temer l’assure : l’Etat ne veut pas influer sur la politique de fixation des prix de Petrobras. Mais d’après les journaux brésiliens, le nouveau mécanisme voulu par le gouvernement remet en cause de fait l’autonomie tarifaire dont jouissait Petrobras depuis 2016 et qui a tant concouru à sa santé financière. D’ailleurs, les marchés financiers ont très mal perçu le départ de Pedro Parente, créditer pour avoir redressé les comptes de l’entreprise publique qui a son arrivée était perclus de dettes, miné par les affaires de corruption.

RA : Et Michel Temer le Président brésilien s’est dit favorable à ce qu’Ivan Monteiro prenne durablement la tête de Petrobras.

SB : En sport, d’abord le rugby. On suit actuellement la finale du Championnat de France.

RA : Montpellier affronte Castres au Stade de France. On joue actuellement la seconde période, et surprise Eric Chaurin ce sont les Castrais qui dominent ? Eric Chaurin en direct du Stade de France. On vous retrouvera dans une heure pour l’issue de cette finale entre Montpellier et Castres.

[Transcription manquante]

SB : Et puis le tennis à Roland Garros. La journée a été difficile pour les Français.

RA : Ils étaient 5 sur les courts ce samedi, 4 d’entre eux ont été éliminés au troisième tour. Richard Gasquet, battu en trois sets par Rafael Nadal, vainqueur à dix reprises du tournoi parisien. Battu également Lucas Pouille par le Russe Kachanov, de même que Gaël Monfils qui a pourtant eu quatre balles de match contre le Belge David Goffin. Et puis il y a quelques minutes c’est Pierre Hugues Herbert qui a été à son tour éliminé, dominé par l’Américain John Isner. Seule victoire française, elle est à mettre à l’actif de Caroline Garcia dans le tableau féminin, qui a battu la Roumaine Begu. Elle sera donc la seule Française à disputer les 1/8e de finale de Roland Garros. Et puis à noter également les qualifications ce samedi de Juan Martin Del Potro l’Argentin, de Fabio Fognini l’Italien, et de l’Américaine Serena Williams, ancienne numéro 1 mondiale.

RA : RFI 22h08 ici à Paris, l’heure de découvrir le mot de la semaine selon Yvan Amar. Il s’agit du mot « vautour ».

Un vautour à Pékin ! Le titre a parfois été utilisé dans la presse aujourd’hui pour parler de la visite en Chine de Wilbur Ross, Secrétaire américain au Commerce, qui souhaite faire appliquer la politique protectionniste voulue par Donald Trump. Protectionniste, c’est-à-dire qui voudrait protéger l’économie américaine de la concurrence étrangère, qui veut limiter cette concurrence, en particulier en élevant les droits de douane. Mais pourquoi Ross est-il un vautour ? On l’a appelé ainsi avant qu’il soit Secrétaire d’État. On l’appelait aussi le roi de la faillite, car il a beaucoup racheté d’entreprises en grandes difficultés, au bord de la faillite, pour les remettre sur pied grâce à d’importants licenciements ! C’est là qu’on voit l’image du vautour : au sens propre un oiseau de proie qui a la réputation de se nourrir de charogne, de chair d’animaux morts. Donc facilement, on l’imagine planer au-dessus des plus faibles, de ceux qui n’en ont plus pour longtemps à vivre, et par conséquent qui ne pourront ni fuir ni se défendre. Le mot est donc vraiment négatif : il évoque celui qui ne voit que son intérêt, qui n’a pas de scrupule, pas de pitié, pas de sentiments pour ses victimes. Et si cette image fonctionne, c’est parce que derrière on a le mot rapace, qui a les deux significations au départ : le rapace c’est d’un côté celui qui est avide, qui veut piller le bien des autres : le mot est de la même famille que rapt. Et de l’autre côté, et au sens propre, il désigne un oiseau de proie, qui plane, essaie de découvrir sa proie. Et quand il l’a vue, il fond dessus, se laisse tomber, pique dessus pour la saisir.

Article publié le 02/06/2018

RFI - Radio France Internationale