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Infos en français facile : Édition du 02/04/2018 20h00

Transcription

Loïc Bussières : 22h à Paris, c'est l'heure de votre Journal en français facile. Présenté ce soir avec Alexis Guilleux.

Alexis Guilleux : Bonsoir Loïc, bonsoir à tous.

LB : À la une de l'actualité de ce lundi 2 avril : la mort de Winnie Mandela. L'ex-femme de Winnie Mandela était aussi connue pour son rôle dans la lutte contre l'apartheid. Le Président sud-africain Cyril Ramaphosa salue ce soir le symbole du désir de liberté de son peuple.

AG : Un accord entre l'ONU et Israël sur a question des migrants. Israël qui renonce à renvoyer en Afrique plusieurs de milliers de migrants. La moitié d'entre eux devraient être dirigés vers des pays occidentaux.

LB : Et puis en France, journée difficile ce mardi dans les transports. La SNCF entame une grève perlée contre la réforme du rail. Elle doit durer jusqu'au mois de juin.

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AG : Tout d'abord la mort, aujourd'hui à Johannesburg de Winnie Mandela à l'âge de 81 ans.

LB : L'ex-épouse de Nelson Mandela a succombé à « une longue maladie », c'est ce qu'annonce son entourage. Retour sur le parcours de la première assistante sociale noire du pays devenue un symbole de la lutte anti-apartheid. La politique de ségrégation raciale de séparation des blancs et des noirs officiellement pratiquée jusqu'au début des années 90 en Afrique du Sud, Clémentine Pawlotsky.

Figure politique,symbole de la lutte contre la ségrégation,icône controversée, Winnie Mandela a su s'imposer au sein de l'ANC, le Congrès national africain, dès l'arrestation de son mari, en 1962. Pendant, les 27 années d'emprisonnement de Nelson Mandela, elle s'est illustrée par son courage. Restée seule avec ses filles, elle n'a jamais abandonné la lutte malgré les intimidations et les séjours en prison. Un parcours qui lui a valu le surnom de « mère de la nation ». Mais au fil du temps, Winnie Mandela se radicalise. Dans le cadre de sa lutte contre l'apartheid, elle encourage la violence. En 1992, l'ANC la démet de ses fonctions dirigeantes. La cause ? Corruption et mauvaise gestion. 4 ans plus tard, elle divorce de Nelson Mandela, puis se retrouve empêtrée dans des affaires judiciaires et politiques tandis que son mode de vie jugé extravagant est critiqué. Dans une interview accordée en 2010 à la presse britannique, Winnie Mandela déclarera : « Je ne regrette rien. Si c'était à refaire, je referais tout exactement de la même manière. Tout ».

AG : À la une également, le gouvernement israélien qui renonce à l'un de ses projets controversés.

LB : Un projet qui avait déclenché de nombreuses critiques et qui prévoyait le départ de près de 38 000 migrants d'Érythrée et du Soudan, entrés illégalement en Israël. Le Haut Commissariat des Nations Unies avait notamment exprimé son inquiétude. Finalement, Israël et le HCR ont conclu un nouvel accord annoncé ce lundi. A Jérusalem, Guilhem Delteil.

Pas question pour Benyamin Netanyahu de parler d'échec ou de désaveu. Au contraire : pour le Premier ministre israélien, ce nouveau plan est « sans précédent ». Il veut même y voir un succès politique. « Cet accord permettra à un plus grand nombre de migrants de partir que dans le précédent cadre » de travail affirme le communiqué de son bureau. Pour le chef du gouvernement, ce n'est pas non plus la pression croissante de la société civile israélienne qui l'a poussé à revoir ses projets. Mais ce sont des « contraintes judiciaires et des difficultés politiques de la part des pays tiers » qui ont entraîné ce revirement. Le nouveau texte prévoit désormais que 16.250 personnes quitteront Israël vers des pays occidentaux : notamment vers « l'Allemagne, l'Italie et le Canada » a dit Benyamin Netanyahu. Plus de départs vers des pays tiers d'Afrique donc : le Rwanda et l'Ouganda étaient désignés comme de potentiels pays d'accueil. De son côté, le gouvernement israélien s'engage à régler le statut de ceux qui resteront. « Pour chaque migrant qui quitte le pays, nous nous engageons à donner le statut de résident temporaire à un autre », a déclaré Benyamin Netanyahu. Les personnes restantes seront réparties sur l'ensemble du territoire israélien et les quartiers sud de Tel-Aviv, où vivent actuellement la majorité de ces immigrants, seront réhabilités. La mise en place de ce plan devrait se faire en trois étapes et sera étalée sur cinq ans. Guilhem Delteil, Jérusalem, RFI.

LB : À l'instant, on apprend que Benyamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, suspend l'accord sur les migrants africains. Nous reviendrons sur cette information dans nos prochaines éditions.

AG : J'ajoute toujours concernant le Proche-Orient que les dirigeants palestiniens ont de nouveau appelé aujourd'hui à des manifestations le long de la frontière entre la bande de Gaza et Israël, manifestations qui ont fait 17 morts depuis vendredi. Le mouvement de protestation doit durer jusqu'au 15 mai, date qui commémore le déplacement de centaines de milliers de Palestiniens après la création de l'État d'Israël il y a 70 ans.

LB : Dans le reste de l'actualité, la situation en Syrie.Où les évacuations se poursuivent dans la Ghouta orientale ? La région située aux portes de Damas a été reprise à 90% aux rebelles qui s'opposent au régime de Bachar al Assad. Régime qui depuis plus d'un mois bombarde la Ghouta orientale avec l'aide de son allié russe. Plusieurs milliers de rebelles et leurs familles devaient être évacués ce lundi en direction de la province d'Idleb, qui échappe encore au contrôle de Damas.

AG : En Égypte, la réélection sans surprise d'Abdel Fattah Al-Sissi. Le président va gouverner le pays pour 4 nouvelles années.

LB : Il obtient plus de 97% des voix, après une élection jouée d'avance où son seul adversaire était aussi l'un de ses partisans. Première réaction à cette réélection celle des États-Unis : Washington se dit « impatient de continuer à travailler avec le président Abdel Fattah al-Sissi pour faire avancer le partenariat stratégique » entre les deux pays. C'est ce qu'indique un communiqué du département d'État américain.

AG : On prend justement la direction des États-Unis, où le président américain Donald Trump a lancé hier de nouvelles attaques verbales contre le Mexique.

LB : Le Mexique qu’il accuse de ne rien faire pour empêcher les migrants d'Amérique centrale de franchir ses frontières. Les candidats à l’élection présidentielle du 1er juillet prochain au Mexique ont répondu en même temps qu’ils lançaient leurs premières réunions de campagne. Véronique Gaymard.

Le candidat de gauche Andrés Manuel López Obrador a joué sur le nationalisme mexicain. Lors d’un meeting ce dimanche à Ciudad Juárez, ville frontière des États-Unis, il a appelé au respect des Mexicains. « Nous allons être très respectueux du gouvernement américain, mais nous allons aussi exiger le respect des Mexicains. Ni le Mexique ni son peuple ne seront la piñata d'un gouvernement étranger. » De son côté, son adversaire José Antonio Meade du PRI, le Parti Révolutionnaire Institutionnel, le parti au pouvoir, a rappelé les liens étroits entre le Mexique et les États-Unis. « Lors d'une bonne journée aux États-Unis, si vous allez à un match de baseball, la saucisse est mexicaine, le hot-dog est mexicain et le lanceur est mexicain. Cela signifie qu’il y a une relation entre les deux pays qui parfois n’est pas reconnue. » Quant à Ricardo Anaya qui rassemble une coalition de partis de gauche et de droite, en deuxième position dans les intentions de vote, il répond à Donald Trump sur la responsabilité des États-Unis dans les armes en circulation au Mexique. « Nous comprenons que le gouvernement américain soit préoccupé par la migration illégale vers les États-Unis, mais nous sommes également très inquiets à cause du trafic d’armes entre les États-Unis et le Mexique. » De son côté, le ministre mexicain des Affaires étrangères Luis Videgaray a rappelé sur Twitter que le Mexique travaillait étroitement avec les États-Unis sur les questions migratoires.

AG : 22h à Paris, l'actu en France. C'est cette journée qui s'annonce compliquée dans les transports, demain mardi...

LB : Avec tout d'abord la grève des personnels d'Air France qui se poursuit pour la 4e journée de suite. Les personnels demandent une augmentation des salaires. À ce mouvement s'ajoute celui des cheminots. Les salariés de la SNCF prévoient de faire grève deux jours par semaine jusqu'à la fin juin pour protester contre la réforme du rail et l'ouverture du rail à la concurrence ( à l'ouverture du secteur à d'autres sociétés que la SNCF). Dans plusieurs autres pays européens, c'est déjà le cas avec des conséquences inégales selon les cas. Explications Francine Quentin.

En Suède, où la concurrence est en vigueur depuis 25 ans, la trafikverket vend des concessions sur les tronçons rentables à une cinquantaine d'opérateurs et subventionne les autres. Les prix ont baissé, le trafic a doublé, mais le réseau est dégradé. Au Royaume-Uni 75% des Britanniques sont pour la renationalisation : pas de TGV, doublement du prix du billet depuis 2005 et trains de banlieue bondés. C’est le résultat de l’explosion du nombre des passagers et du choix gouvernemental de subventionner très peu les transports. En Allemagne, concurrence aidant, la Deutschbahn a amélioré ses services et son offre, mais les prix sont plus élevés qu'en France en dépit des subventions sur les trains régionaux. En Italie la concurrence a fait sensiblement baisser les prix du TGV, très inférieurs à la moyenne européenne, mais les lignes régionales souffrent d'un sous-investissement criant dans les infrastructures. Globalement eu Europe l'ouverture à la concurrence s'est souvent traduite par une augmentation de l'offre, une amélioration de la qualité des services, mais des prix du billet en hausse.

Article publié le 02/04/2018

RFI - Radio France Internationale