Cliquez sur le logo pour apprendre le français

[Télécharger le journal]

Infos en français facile : Édition du 01/10/2018 20h00

Transcription

Hugo Lanoë : 22h à Paris à l’écoute de RFI, 20h en temps universel. Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans votre journal en français facile que j’ai le plaisir de présenter ce soir avec Mehdi Meddeb. Bonsoir Mehdi !

Mehdi Meddeb : Bonsoir Hugo, bonsoir à tous !

HL : Au sommaire de cette édition : une image : la Tour Eiffel illuminée d’une couleur or et argentée en hommage à Charles Aznavour, décédé ce lundi à 94 ans. Ses plus grands tubes sont actuellement diffusés au cœur de Paris. Retour sur la carrière de cet artiste dans un instant.

MM : Nous irons ensuite en Indonésie. Près de 200 000 personnes sont en situation d’urgence humanitaire. 3 jours après le séisme et le tsunami qui ont ravagé la côte ouest des Célèbes... les volontaires ont commencé à enterrer les centaines de corps dans une vaste fosse commune.

HL : Nous parlerons ensuite de l’avenir incertain du bateau humanitaire Aquarius avant de faire le point sur la semaine des Prix Nobel. Un Américain et un Japonais ont remporté ce lundi le prix Nobel de médecine pour leur recherche sur le traitement du cancer.

-----

MM : Un monument de la chanson française s’en est allé : Charles Aznavour est mort ce lundi à 94 ans.

HL : Chanteur, comédien, homme engagé. Charles Aznavour revenait d’une tournée au Japon. Il devait se produire à la fin du mois à Bruxelles puis en novembre en région parisienne. « Un artiste profondément français, viscéralement attaché à ses racines arméniennes, reconnu dans le monde entier... » C’est l’hommage du président de la République Emmanuel Macron. Retour sur plus de 70 ans de carrière avec Sophie Torlotin.

Il lui en aura fallu des années avant d’être en haut de l’affiche. À ses débuts, Charles Aznavour doit surmonter de multiples critiques : jugé trop petit, trop laid, sans voix. Mais le Sinatra français fait preuve de persévérance, de ténacité. Lui parlait de la chance d’avoir rencontré Édith Piaf en 1946, à 22 ans. Piaf le pousse à monter sur scène. Il connaît le succès à l’Olympia en 1954, commence à tourner au cinéma sous la direction de François Truffaut. Sa carrière internationale s’envole après son triomphe au Carneggie Hall de New York en 1963. Chanteur installé dans les années 70, Charles Aznavour n’hésite pas à bousculer les conventions, abordant dans ses titres des sujets de société. L’homosexualité ou l’amour d’une enseignante pour un élève adolescent. Né Aznavourian dans un foyer d’immigrés arméniens attendant leur visa pour les États-Unis, il a toujours gardé des liens très forts avec le pays de ses ancêtres, écrivant notamment la chanson humanitaire « pour toi Arménie » en 1988 après le tremblement de terre. Au total, Charles Aznavour aura écrit plus de 1300 chansons, certaines reprises par les plus grands artistes... Un catalogue de chansons étourdissant qu’il entretenait en poursuivant sans relâche des tournées, même à 93 ans passés...

MM : Sophie Torlotin sur RFI. Parmi les grands succès de Charles Aznavour, on peut citer « La bohème », « Je me voyais déjà » ou encore « La Mamma ».

HL : Et cette chanson de 1963 - comme beaucoup d’autres - a été réinterprétée, c’est-à-dire jouée, enregistrée et arrangée par d’autres artistes... notamment des chanteurs gitans, ces Roms du sud de la France et d’Espagne. Et cela pour le plus grand plaisir de Charles Aznavour... comme il le disait en 1995 sur notre antenne de RFI.

[Transcription manquante]

HL : Charles Aznavour sur RFI en 1995. Ce soir les réactions pleuvent, se multiplient après la disparition de ce monument de la chanson française. On en reparlera à 22h temps universel dans 24h en France. Édition spéciale à suivre également demain matin à partir de 5h10 temps universel.

MM : 3h06 à Jakarta. L’Indonésie où le bilan du séisme et du tsunami ne cesse de s’alourdir.

HL : 3 jours après la catastrophe qui a ravagé la côte ouest des Célèbes, les derniers chiffres font état d’au moins 844 morts... mais les autorités s’attendent à voir ce bilan augmenter. Et pour cause : plusieurs zones sinistrées, dévastées restent inaccessibles par les secouristes. Une chose est sûre : près de 200 000 personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence selon les Nations Unies. Sur place, à Palu, deux membres d’une même famille de rescapes témoignent au micro de notre correspondant Joël Bronner.

C’est une histoire sombre et pleine d’espoir, comme seuls les drames savent en produire. Celle de Zilzalinza, fillette née à 11h du matin dans un hôpital de Palu. 6 heures avant l’arrivée du séisme et du tsunami. Sa famille l’attendait à l’hôpital. Comme son père, Hayyun, 42 ans, qui n’a pas de patronyme. Il y a vu beaucoup de choses, dont le souvenir le fait fondre en larmes. Tout mon cœur est auprès de mes frères ! Du fond de mon cœur, ça me rend tellement triste d’avoir vu de mes propres yeux les maisons s’écrouler, mes frères mourir à cause du tremblement de terre, et mes frères mourir aussi à cause du tsunami. Le tsunami, Priyanka, 16 ans l’a vu de près avec sa mère qui venait de donner la vie. « Les gens se sont mis à crier, de l’eau, de l’eau, c’est un tsunami. J’ai dit à ma mère, cours, maman cours ! On a failli être entraîné par les flots. J’ai eu si peur. Zilzalinza signifie séisme dans un mot inspire de l’arabe. La mort est passée par Palu, mais elle n’a pas trouvé Zilzalinza, qui porte pourtant désormais son nom. Joël Bronner, Palu, RFI.

MM : Après l’attentat du groupe État islamique survenu à Ahvaz en Iran il y a de ça 10 jours, la République islamique affirme s’être “vengée” en Syrie.

HL : Téhéran a mené une attaque de missiles et de drones sur des positions djihadistes dans la région de Boukamal, à l’est de la Syrie, près de la frontière irakienne. IL s’agit là je cite “de la première étape de la vengeance iranienne” a déclaré le chef des forces armées en Iran.

MM : Le bateau humanitaire Aquarius est en route vers Marseille dans le sud de la France, après avoir transféré ses passagers : 58 migrants sur un bateau de la marine maltaise.

HL : Le groupe formé de Libyens, de Syriens, de Palestiniens, de Somaliens et de Pakistanais a été secouru il y a un peu plus d’une semaine au large de la Libye. Parmi eux se trouvent sept familles et trois enfants de moins de cinq ans. La France, l’Espagne, le Portugal et l’Allemagne se sont engagés à les accueillir. Problème : l’avenir de l’Aquarius est incertain. Le Panama lui a retiré son pavillon, c’est-à-dire le drapeau qui indique l’origine du navire. Une situation qui inquiète Nicolas Romaniuk, le coordinateur Recherche et Sauvetage sur l’Aquarius.

Ce chiffre, c’est une première estimation. Il sera affiné au fur et à mesure que l’aide humanitaire va se déployer : nous devrions alors avoir des données plus précises sur lesquelles construire notre plan d’urgence. Il y a de très larges zones avec lesquelles la communication est inexistante. Pour ce que l’on en sait, les gens ont besoin de tout ce que l’aide humanitaire peut leur offrir : des abris, une aide médicale – beaucoup ont pu être blessés, mais nous devons aussi nous assurer que de nouvelles situations d’urgences sanitaires ne se déclenchent pas en plus du tsunami. Ces gens ont besoin de nourriture, d’eau potable. Et le soutien psychosocial ne doit pas être oublié, particulièrement pour les enfants qui sont extrêmement vulnérables et peuvent être en état de choc : ils ont peut-être été séparés de leurs parents. L’Indonésie est très bien équipée pour répondre à ce genre de désastres. On a constaté par exemple qu’ils utilisent des appareils militaires pour le transport. Comme ce désastre est de très grande ampleur, c’est un point positif que l’Indonésie ait maintenant accepté l’aide internationale, parce qu’il faut que tout le monde travaille dans la même direction pour sauver autant de vies que possible.

HL : Propos recueillis par Claire Rush de la rédaction anglaise de RFI.

MM : La semaine des prix Nobel s’est ouverte ce lundi avec le prix de médecine et de physiologie.

HL : Il a été attribué à l’Américain James Allison et au Japonais Tasuku HONJO. Tous les deux récompensés pour leurs travaux sur le traitement du cancer Valérie Cohen.

Ce Nobel, c’est le couronnement de l’immunothérapie, une stratégie novatrice de lutte contre le cancer. Ces traitements ciblent les cellules immunitaires, les stimulent, pour qu’elles accomplissent leur mission : défendre l’organisme et combattre les éléments menaçants, en l’espèce les cellules cancéreuses. Les 2 lauréats, James Allison, professeur au centre du cancer de l’Université du Texas, et Tasuku Honjo, professeur à l’Université de Kyoto, ont mené, chacun de leur côté, des recherches innovantes dans ce domaine. Ils se sont intéressés aux verrous qui bloquent les défenses immunitaires et les empêchent ainsi de jouer leur rôle. Des médicaments sont nés de ces recherches il y a quelques années, en particulier contre des cancers virulents, de la peau et du poumon notamment. À noter que les 2 scientifiques avaient reçu ensemble en 2014 le prix Tang, présenté comme la version asiatique des Nobels. Ils partagent désormais le prestige du prix suédois, et les 900 000 euros associés à la récompense.

HL : Précisions signées Valérie Cohen sur RFI. Demain c’est le prix Nobel de physique qui sera attribué. À noter que le Nobel de littérature ne sera pas décerné cette année en raison d’un scandale sexuel qui éclabousse l’Académie suédoise en charge de nommer le lauréat. 22h10 à Paris, 20h10 en temps 

Article publié le 01/10/2018

RFI - Radio France Internationale