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Infos en français facile : Édition du 12/10/2017 20h00

Transcription

20 h TU, 22  h Paris

Gilles Moreau : Bonsoir à tous, voici votre Journal en français facile, présenté ce soir avec Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie !

Dans l'actualité :

Les Etats-Unis et Israël décident de quitter  l'Unesco, organisation qu’ils accusent d'être anti-israélienne. La décision du Premier ministre israélien est intervenue après celle du département d'Etat. Pour la directrice générale de l'Unesco, c’est un coup dur porté au multilatéralisme. Vous l'entendrez dans un instant.

SB : Un accord de réconciliation a été signé par le Fatah et le Hamas, les deux principaux partis palestiniens.  Après des années de rivalité acharnée,  ils ont effectué un  rapprochement spectaculaire cette semaine dans leurs discussions au Caire.

GM : L'Espagne célèbre aujourd’hui sa fête nationale, dans un climat politique tendu,  en pleine crise catalane. A Barcelone, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté en faveur de l'unité du pays.

SB : Les Etats-Unis ont donc annoncé leur retrait de l'Unesco, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture. lls l'accusent d'être "anti-israélienne".

GM: Ce départ a été suivi peu après par celui d’Israël. Ces décisions étaient prévisibles. Le désaccord remonte à plusieurs années. En 2011, l'admission de la Palestine à l'Unesco avait accentué la crise et entraîné l'arrêt des contributions financières d'Israël et des Etats-Unis.

Parmi les réactions, celle de la France qui abrite à Paris le siège de l’Unesco. La France regrette le retrait américain. Même réaction de la part du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et de la Russie qui a déploré une "triste nouvelle".

Ecoutons maintenant l'actuelle directrice générale de l'Organisation, la Bulgare Irina Bokova. Elle aussi regrette ce départ :

« J’exprime mon plus profond regret. Je me rappelle ce que j’ai dit à l’époque en 2011 quand les Etats-Unis ont perdu leur droit de vote et ont décidé de suspendre leur contribution, à savoir que les Etats-Unis comptent pour l’Unesco autant que l’Unesco compte pour les Etats-Unis. En fait, si vous regardez l’Histoire, vous verrez que les Etats-Unis sont non seulement un membre fondateur de l’Unesco mais aussi que l’idée-même d’une paix bâtie grâce à l’éducation, la science, la culture, la communication, est une idée américaine. Si nous incarnons un si vaste espace de dialogue interculturel, pour les droits de l’homme, pour la liberté d’expression, pour la sécurité des journalistes, si nous travaillons à l’éradication de la pauvreté, pour combattre l’obscurantisme, pour développer l’alphabétisme et lutter contre l’ignorance, je suis convaincue que nous avons besoin de tout le monde à bord, et bien sûr, tout particulièrement, des Etats-Unis qui sont un membre fondateur et l’un de nos plus importants contributeurs dans la poursuite de ces efforts. »

GM  : Irina Bokova, qui termine son deuxième mandat à la tête de l'Unesco. Les retraits américain et israélien interviennent en plein processus de désignation de son successeur.

SB : Un accord de réconciliation a été signé au Caire entre le Fatah et le Hamas.

GM : Les deux principaux partis palestiniens ont effectué cette semaine un rapprochement spectaculaire. Mais tout n'est pas réglé : Fatah et Hamas se donnent jusqu’au 1er décembre pour trouver  des solutions à leurs différends (leurs désaccords ). Ce rapprochement fait suite à une décennie de guerre fratricide. Pour le symboliser, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devrait se rendre prochainement à Gaza.

SB :  Au Kénya, après de nouveaux appels à manifester lancés par l'opposition, le pouvoir a interdit tout rassemblement dans le centre des trois principales villes du pays : Nairobi, Mombasa et Kisumu. Le climat politique continue de se tendre à l'approche de la présidentielle du 26 octobre. Scrutin boycotté par le représentant de l'opposition Raila Odinga.

GM : En Birmanie, Aung San Suu Kyi  est intervenue à la télévision, sa deuxième intervention depuis le début de la crise des Rohingyas, et la fuite de centaines de milliers d'entre eux au Bangladesh.

SB :  Aung San Su Kyi ( qui dirige la diplomatie birmane) a pris la parole à la veille d'une réunion du conseil de sécurité de l'ONU consacrée à la situation dans son pays. Elle a dévoilé les grandes lignes d'un plan pour la province birmane de l'Arakan.

Les précisions de Juliette Gheerbrant :

« Plutôt que de répondre aux critiques venues de l'étranger par des mots, nous allons répondre par des actes car il y a beaucoup à faire dans l'Etat d'Arakan, déclare en substance Aung San Suu Kyi à ses concitoyens. La chef de la diplomatie birmane présidera elle-même la nouvelle initiative axée autour de trois priorités : le rapatriement et l'aide humanitaire des personnes qui ont fui au Bangladesh, la réhabilitation, enfin le développement économique et la paix. Aung San Suu Kyi rappelle que des négociations sont en cours avec Dacca pour le retour des réfugiés.Concernant l'aide humanitaire et le développement de l'Arakan, entreprises, ong et institutions comme la Banque mondiale et les agences de l'onu seront mises à contribution. Les détails de ce plan seront communiqués sur internet le 15 octobre. Ang San Suu Kyi, qui a insisté sur le besoin d'unité du pays, a prononcé son discours en Birman, et non pas en anglais comme la dernière fois. Mais elle s'adressait aussi à la communauté internationale.  Le pays prendra en considération toutes les offres de soutien y compris celles venues de l'étranger a-t-elle indiqué, mais c'est l'Etat birman qui centralisera l'ensemble des initiatives, qu'elles soient économiques ou humanitaires. »

GM : Juliette Gheerbrant, du service international de RFI.  

SB : Un 5 ème cycle de négociations sur le Brexit a pris fin auj à Bruxelles sans avancée notable.

GM : Le point le plus problématique reste le volet financier,  c'est-à-dire le réglement par le Royaume-Uni de ses engagements dans l'Union européenne. Michel Barnier (négociateur en chef de l’UE) a parlé à ce propos " d'impasse extrêmement préoccupante".

SB : L'Espagne célèbre aujourd’hui sa fête nationale dans un climat politique tendu, en raison de la crise en Catalogne.

GM : Hier, le gouvernement a donné huit jours aux autorités catalanes pour renoncer à leur objectif d'indépendance. Si ce n'est pas le cas, il suspendra l'autonomie de la région. Aujourd'hui ils étaient environ 65.000 à défiler à Barcelone  en faveur de l'unité du pays menacée par cette crise. Reportage de Véronique Gaymard et Richard Riffonneau :

« Les manifestants ont descendu le Paseo de Gracia et se sont rassemblés Place de Catalogne, enveloppés dans des drapeaux aux couleurs de l’Espagne, en scandant des slogans, vive la Catalogne, Vive l’Espagne, Puigdemont en prison. « C’est nécessaire de sortir manifester et dire que nous qui ne sommes pas d’accord avec l’indépendance, nous sommes là et nous sommes nombreux . Il faut le dialogue et pas la violence bien sûr, mais le cirque qu’on a vu mardi soir au parlement catalan était lamentable ! »
« Moi je suis Galicien, mais j’ai vécu toute ma vie en Catalogne, je donnerai ma vie pour la Catalogne mais aussi pour l’Espagne. Que trouverait-on si on sortait de l’Europe ? La chute dans le précipice, l’échec et la ruine. » Vers 13 heures, la manifestation se disperse, un groupe d’ultras, des nationalistes extrémistes sont entourés par la police catalane, les Mossos d’Esquadra, eux-mêmes insultés par la foule.
A quelques centaines de mètres de là, Jordi, la trentaine, travaille dans un café. Il soutient l’indépendance et se dit pessimiste quant à un dialogue avec Madrid : « Cette manifestation n’aurait pas dû avoir lieu, je ne partage pas cette journée de l’Hispanité. Rajoy n’a pas donné d’ultimatum à Puigdemont. Puidgemont a continué à avancer, c’est un bon président de la Generalitat. Il voudrait un dialogue, mais Rajoy ne va pas dialoguer. C’est pour ça qu’on a fait entendre notre voix, pour que l’Europe nous écoute. »
Pour Mariano Rajoy et pour les manifestants anti indépendance, la balle est désormais dans le camp de Carles Puigdemont ».

SB : Revenons pour finir sur l'affaire Harvey Weinstein, ce producteur de cinéma accusé d'agressions sexuelles par de nombreuses comédiennes.

GM : Il a longtemps été incontournable pour les acteurs et réalisateurs étrangers voulant percer à Hollywood. Son portrait signé Isabelle Chenu :

« Harvey Weinstein incarnait le nabab hollywoodien jusqu'à la caricature. Producteur hollywoodien au sommet de sa puissance, organisateur de fêtes somptueuses, à la tête de MIRAMAX et de "The Weinstein company" les sociétés qu'il avait créees avec son frère, il faisait et défaisait les carrières. A 65 ans , cet empereur du cinéma, extraordinaire lobbyiste, homme d'affaires redouté multipliait les succès en salles tout en trainant une réputation des plus sulfureuses.  Marié deux fois , père de cinq enfants,  il s'était imposé en politique comme  soutien des démocrates américains. Décoré de la Légion d'honneur française  en 2012, il avait distribué aux Etats Unis "The artist" film de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin qui avait récolté 5 oscars. Dès les années 90 il avait pris en main le destin brillant de plusieurs films français comme " La reine Margot" avec Isabelle Adjani, ou encore "le fabuleux destin d'Amélie Poulain" tout en accumulant les Palmes d'or  au festival de Cannes avec les films de Steven Soderbergh, Quentin Tarantino ou Michael Moore. La face noire de cette incroyable réussite se déroule en coulisses dans des chambres d'hôtels ou sur de luxueux yachts où il multiplie en toute impunité et avec la complicité silencieuse du milieu du cinéma agressions et viols à l'encontre d'actrices. Connu pour son goût des cigares et de la cocaïne comme pour ses colères légendaires, surnommé "the Pig" (le porc), l'homme a  posé sur toutes les photos aux côtés des grands  de ce monde. Barack Obama ou Hillary Clinton se disent aujourd'hui écoeurés. »

C’est la fin de votre journal en français facile. Bonsoir à tous, bonsoir Sylvie !

Article publié le 12/10/2017

RFI - Radio France Internationale