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Infos en français facile : Édition du 9/11/2017 20h00

Transcription

Pauline Gleize : Il est 21 heures à Paris, 23 heures à Ryad et 20 heures en temps universel.

Bonjour et bienvenus dans votre journal en français facile. Journal que j'ai le plaisir de présenter avec Sylvie Berruet. Bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Pauline.

Saad Hariri, qui a démissionné de son poste de premier ministre du Liban, est-il libre de ses mouvements en Arabie saoudite ? C'est la question que se posent de nombreux Libanais. A Beyrouth, la classe politique réclame son retour.

PG : 250 milliards de dollars : c'est le montant total des accords commerciaux dévoilés, révélés par Donald Trump lors de sa visite en Chine. 

SB : Au sommaire également, les suites de l'opération menée par la force française Barkhane au Mali dans la nuit du 23 au 24 octobre. Des révélations RFI que vous entendrez dans cette édition avec Olivier Fourt qui s’est rendu sur la base de commandement de Barkhane à Ndjamena au Tchad.

PG : Et puis beaucoup plus léger, Sylvie, RFI a remis son prix découverte 2017.  Il revient au chanteur malien M'Bouillé Koité. 

SB : L’Arabie saoudite appelle ses ressortissants, ses citoyens, à quitter le Liban «le plus vite possible».

PG : Cette décision intervient sur fond de tensions entre les deux pays, quelques jours après l'annonce depuis Ryad de la démission du premier ministre libanais Saad Hariri. Et maintenant, au Liban, les dirigeants et une majorité de la  population sont désormais convaincus que Saad Hariri, le principal leader sunnite du pays, est retenu contre son gré, contre sa volonté, en Arabie saoudite. A Beyrouth, Paul Khalifeh.

Depuis qu'il a annoncé sa démission surprise, samedi, à partir de Ryad, Saad Hariri n'a pu être joint par sa proche famille, ses conseillers ou des membres de son bloc parlementaire. Le président de la République Michel Aoun refuse toujours de prendre acte de sa démission tant qu'il ne la lui remet pas en main propre à Beyrouth, selon les usages. Une quasi-unanimité s'est dégagée au sein la classe politique pour réclamer le retour de Saad Hariri avant d'évoquer son éventuel remplacement. Le bloc du futur, dirigé par le Premier ministre, un allié historique de l'Arabie saoudite, tout comme son père Rafic Hariri avant lui, a réclamé, ce jeudi, le retour à Beyrouth de son chef. «Le retour de Saad Hariri est une nécessité pour recouvrer la dignité et pour préserver les équilibres internes et externes du Liban dans le respect de la légitimité du pays, consacrée par la Constitution», a dit à la presse l'ancien chef du gouvernement Fouad Siniora. Le ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk a été plus explicite. Interrogé sur des informations selon lesquelles les Saoudiens souhaiteraient remplacer Saad Hariri par son frère Bahaa, ce proche du Premier ministre a répondu: «Nous ne sommes pas un troupeau de moutons qui changent de propriétaire. Et le Liban ne fonctionne pas par le système de l'allégeance mais par la démocratie. Paul Khalifeh-Beyrouth-RFI

SB : Et c'est dans ce contexte qu'Emmanuel Macron, le président français, a fait un déplacement surprise en Arabie saoudite ce jeudi soir. 

PG : Emmanuel Macron était dans la journée aux Emirats arabes unis. Sur la base navale où travaillent des militaires français, il a vanté, loué, l'étroite coopération entre la France et les Emirats dans le domaine de la défense. Les Emirats qui vont acquérir deux corvettes, des bateaux de guerre construits par un groupe français. 

SB : Une autre tournée diplomatique à la Une de l'actualité. Celle de Donald Trump en Asie. 

PG : Le président américain, qui avait critiqué l'excédent commercial chinois pendant sa campagne, a assuré qu'il n'en voulait pas à Pékin. Il faut dire que sa visite s'avère fructueuse. Avec 250 milliards de dollars de contrats, dans des secteurs aussi variées que l'aéronautique (les avions), l'agroalimentaire, ou encore l'électronique. Le détail avec Patricia Lecompte

Trois grands groupes chinois étatiques ont remportés des contrats importants, comme  Sinopec et le fonds souverain CIC, qui vont exploiter des gisements de gaz naturel en Alaska, avec jusqu'à 43 milliards de dollars d'investissements prévus. Un contrat exceptionnel car il est rare que les Etats-Unis autorisent une compagnie étrangère à forer en Alaska. Quacomm, fabricant de semi-conducteurs a signé avec trois grands producteurs de smartphones chinois, pour leur vendre "environ 12 milliards de dollars" de puces en trois ans. L'agrochimiste DowDuPont a signé avec la startup Mobike, l'équivalent de notre Vélib, pour développer des matériaux plus légers, de quoi soutenir les exportations américaines de polyuréthane. Boeing a décroché un contrat d'achat de 300 appareils pour un prix catalogue total de 37 milliards de dollars. Enfin, le chinois spécialiste de la vente en ligne JD Com s'est engagé a acheté pour deux milliards de dollars de produits agroalimentaires américains, dont un milliard deux de viande de bœuf du Montana. Ces contrats sont pour le moment des protocoles d'accord qui avant de se concrétiser pourront prendre du temps. Mais ces engagements sont le signe que les relations entre la Chine et les Etats-Unis s'améliorent. Toutefois, Xi Jinping n'a toujours pas donné son accord pour l'ouverture du marché chinois aux entreprises étrangères.

SB : Et pendant ce temps-là, Pauline, les Etats-Unis ont pris de nouvelles sanctions, ils ont décidé de nouvelles punitions contre le Venezuela.

PG : Elles visent une dizaine de responsables accusés d'avoir mis à mal le processus électoral lors du scrutin régional de la mi-octobre.  Les biens de ces personnes sont gelés, elles ne pourront pas en profiter. Et les citoyens américains ne sont pas autorisés à commercer avec elles.

SB : Il est 20h05 à Bamako, au Mali où la force française Barkhane est soupçonnée d’avoir bombardé par erreur en octobre des soldats maliens, otages d'un groupe terroriste.

PG : Pour la première fois depuis cette affaire d’Abeibara, RFI est en mesure de donner des éléments précis sur le déroulement de l’opération. Car selon l'armée française l’attaque visait bien un campement terroriste et rien ne permettait de détecter la présence d’otages. Les militaires français ont accepté de lever un coin du voile sur le déroulement de l'opération. Le détail avec Olivier FOURT qui s’est rendu au Poste de commandement de la Force Barkhane à N’Djamena, au Tchad.

Selon Barkhane, l’opération avait été minutieusement préparée. Le campement a été survolé plusieurs jours auparavant par un drone de reconnaissance et la cible avait fait l’objet d’une observation directe d’une vingtaine d’heures. Les spécialistes découvrent le fonctionnement d’une position jihadiste extrêmement bien dissimulée. Aucune infrastructure, le camp est niché dans des anfractuosités rocheuses et camouflé par la végétation. A ce stade, ce qu’observent les militaires ne laisse, nous dit-on, «  aucun doute sur la nature terroriste de ce camp d’entraînement ». Barkhane explique que « le groupe vivait ensemble, travaillait ensemble, faisait la prière au même endroit, aucune entrave n’a été décelée. » Toutefois « certains ne portaient pas d’armes, mais c’est souvent le cas sur un site de formation » assurent les militaires français. Vers 3 heures du matin, le 24 octobre, un raid combiné est lancé. Les Mirages 2000 français frappent avec des bombes de 250 kilos. Puis des hélicoptères Tigres préparent l’action au sol en tirant avec leur canon. Un pick-up très bien dissimulé est détruit. Chargé d’une grande quantité d’armement, il va brûler durant de longues minutes. Au lever du jour, après intervention de commandos au sol, l’opération est terminée. Une quinzaine de membres présumés du groupe armé terroriste a été tuée. Les commandos font des photographies des corps avant de partir. « Aujourd’hui, seuls les responsables maliens peuvent se prononcer sur l’identité des personnes mises hors de combat, mais nous n’avons pas peur de la vérité » conclut le patron de l’opération Barkhane, le général Bruno Guibert. Olivier Fourt à Ndjamena- RFI

SB : Le procureur général d'Espagne demande à la Cour Suprême de placer en détention la présidente du Parlement de Catalogne.

PG : L'indépendantiste Carme Forcadell est poursuivie pour rébellion en justice en raison de la déclaration d'indépendance votée par le parlement catalan.

SB : C'est le prix qui met en avant les nouveaux talents musicaux du continent africain. Le prix RFI Découvertes 2017 a été décerné aujourd'hui.

PG : Depuis 1981, ce prix a contribué au rayonnement de Tiken Jah Fakoly, Rokia Traoré ou Didier Awadi. L'édition 2017 récompense le chanteur malien M'Bouillé Koité. Le président du jury, le chanteur français d'origine congolaise Singuila, nous explique ce choix au micro de Sophie Torlotin. 

Il s’est vraiment démarqué. Il a de très jolies mélodies. C'est mature  au niveau du style, au niveau des mélodies. Il arrive à nous emmener dans son univers culturel et on sent quand même un côté très moderne aussi dans les musiques. Sa voix est nickel. Il a son timbre à lui qu’on ne peut pas confondre avec celui de quelqu’un d’autre. Et au niveau des vidéos sur scène qu’on a pu voir de lui, on voit que c’est un artiste qui sait donner, qui est généreux et qui sait nous emporter.  

C’est un artiste qui joue surtout de la guitare. M’Bouillé chante en bambara donc on se fie à l'univers. C'est vrai qu'on ne comprend pas forcément tous les textes. La voix et même les musiques nous transportent quelque part. Et c’est à cette adresse qu’on imagine notre propre histoire. C'est un artiste que je ne connaissais pas et qui à mon sens s’est démarqué aujourd’hui. 

PG : M'Bouillé Koité, prix RFI découverte 2017.

C’est la fin de ce journal en français facile. Merci Sylvie Berruet.

SB : Merci.

Article publié le 9/11/2017

RFI - Radio France Internationale