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Infos en français facile : Édition du 5/11/2017 20h00

Transcription

Pierre Pillet : Il est 20 heures en temps universel, 21 heures à Paris. Bonjour et bienvenue, voici votre journal en français facile en compagnie d'Edouard Hervé du Penhoat.

Edouard Hervé du Penhoat : Bonsoir Pierre, bonsoir à tous.

PP : Le Hezbollah contre-attaque après la démission du Premier ministre libanais. Une démission dictée par l'Arabie saoudite selon le chef de ce mouvement, Hassan Nasrallah. Nous irons à Beyrouth.

EHP : Au Sud du Yémen, les forces de sécurité frappées par le groupe Etat islamique. Au moins 15 morts. Un acte perpétré par une trentaine de djihadistes.

PP : Trois ans de prison et la privation de ses droits politiques. C'est ce qu'on risque désormais en Chine si on manque de respect à l'hymne national. Mais les habitants de la région spéciale de Hong Kong ne veulent pas voir cette loi mise en place.

EHP : Et en fin de journal, « sans accroc » ce sera l'expression de la semaine d'Yvan Amar.

PP : Avant de développer ces titres, une fusillade a fait plusieurs morts aux Etats-Unis, dans une église du Texas, une cinquantaine de kilomètres au sud-est de San Antonio. L'auteur des coups de feu a été abattu, information de la police. On n'en sait pas plus pour le moment.

EHP : La réponse du Hezbollah après la démission du Premier ministre libanais.

PP : Le chef de ce mouvement chiite accuse l'Arabie saoudite d'avoir poussé Saad Hariri à quitter son poste. « Une décision saoudienne imposée » ce sont les mots d’Hassan Nasrallah.

EHP : Le Hezbollah, membre du gouvernement au Liban, exerce une influence trop importante. C'est ce qu'a déclaré Saad HAriri pour justifier son départ. Il dit par ailleurs craindre pour sa vie. On sait que le Hezbollah, soutenu par l'Iran, est considéré comme terroriste par l'Arabie saoudite.

PP : Et une question, désormais : le Liban va-t-il plonger dans l'instabilité ? A Beyrouth, les explications de Paul Khalifeh :

"Chaos généralisé, plan de déstabilisation, guerre civile : les scénarios les plus catastrophistes sont évoqués par des hommes politiques, des experts ou des citoyens ordinaires. Le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, a affirmé dimanche que son service n'était pas au courant d'une tentative d'assassinat visant Saad Hariri. La veille, les forces de sécurité intérieure -la police nationale- dirigées par un proche du premier ministre démissionnaire, ont publié un communiqué allant dans le même sens. Des sources proches de l'armée libanaise ont aussi affirmé ne pas disposer d'informations sur cette affaire. Le départ de Saad Hariri intervient à un moment où son gouvernement s'apprêtait à lancer d'importants dossiers, comme par exemple la signature du premier contrat d'exploitation du gaz offshore. Ou encore la préparation d'une conférence internationale de soutien au Liban à Paris, comme il l'a dit lui-même dans un discours vendredi. Certains milieux politiques insinuent que Saad Hariri, qui se trouve en Arabie saoudite, n'est pas réellement libre de ses mouvements. Un ancien ministre Wi'am Wahhab, proche du Hezbollah, a appelé ce dimanche le président Michel Aoun à convoquer les ambassadeurs des grandes puissances pour assurer, je cite, «l'exfiltration» du chef du gouvernement vers un lieu sûr, dans un pays européen. Paul Khalifeh, Beyrouth, RFI."

EHP : La rivalité entre l'Iran et l'Arabie saoudite domine dans cette affaire. L'Arabie saoudite, justement, qui mène une série d'arrestations sans précédent.

PP : Onze princes, quatre ministres actuels, des dizaines d'anciens, des hommes d'affaires également. Un motif : corruption ; un objectif pour le prince héritier Mohammed, 32 ans : renforcer son autorité.

EHP : Fils du roi saoudien Salmane, 81 ans, il veut améliorer l'image du pays. C'est pour ça qu'il a pris la tête d'une commission anticorruption.

PP : Le Sud du Yémen frappé par le groupe Etat islamique, une première depuis 2016. Attentat à la voiture-piégée et prise d'otage à Aden, contrôlée par les forces loyales. Les forces de sécurités prises pour cible, Anastasia Becchio :

"Les attaques se sont produites aux abords des batiments des forces de sécurité à Khormaksar, un quartier de ministères où se trouvent également des camps militaires et l’aéroport. Selon les services de sécurité yéménites, un attentat à la voiture piégée a d’abord visé le chef de la police d'Aden, le colonel Chalal Chae, à l'entrée de son QG. L’un de ses gardes a été tué. Ce sont ensuite les bureaux de la brigade criminelle toute proche qui ont été visés. Dans cette attaque visiblement bien organisée, une trentaine de jihadistes a pris d'assaut le complexe de sécurité de tous les côtés. 4 kamikazes se sont fait exploser. Au moins 9 des assaillants ont été abattus, mais d’autres ont réussi à prendre des otages. Ils ont tué deux policières, et ont par ailleurs libéré une cinquantaine de personnes détenues dans les locaux de la brigade criminelle. Selon un responsable des services de sécurité, les assaillants auraient remis des armes aux personnes qui leur exprimaient de la sympathie. Quatre policiers, dont un colonel, ont fini par être libérés en fin d'après-midi. Dans un premier temps, les responsable yéménites locaux avaient suspecté Al Qaida d’être derrière ces attaques bien coordonnées. Elles ont finalement été revendiquées par le groupe Etat islamique, dans un communiqué publié en ligne."

EHP : Les précisions d'Anastasia Becchio. Rappelons que dans le pays, les forces loyales au pouvoir combattent les rebelles chiites Houthis avec l'aide de l'Arabie saoudite.

PP : Ils se sont rendus à la police belge, maintenant quel sort pour le président destitué de Catalogne, Carles Puigdemont et ses quatre anciens ministres ?

EHP : Détention provisoire ou pas, décision d'un juge d'ici lundi matin. Ensuite, la Belgique décidera d'appliquer ou non le mandat d'arrêt émis par l'Espagne. Les cinq hommes sont poursuivis par la justice espagnole, notamment pour rébellion et sédition. En cause : le référendum et la déclaration d'indépendance de leur région, la Catalogne.

PP : Une rencontre entre les présidents américain et nord-coréen est-elle possible ? En tout cas de n'est pas exclu selon Donald Trump mais impossible de l'envisager maintenant. Des propos à retrouver dans l'émission Full Measure.

EHP : Il veut convaincre Kim Jong-un de renoncer à ses ambitions nucléaires. La Corée du Nord multiplie les essais de missile. Un sujet au coeur du déplacement de Donald Trump en Asie.

PP : « Aucun dictateur, aucun régime, aucune nation » ne devrait sous-estimer les Etats-Unis déclare-t-il depuis le Japon. Allusion à peine masquée, donc, à la Corée du Nord.

EHP : Il est 4 H 6 à Pékin. En Chine, manquer de respect à l'hymne national est désormais passible de peines allant jusqu'à trois ans de prison et privation de droits politiques.

PP : Et elle va aussi concerner Hong Kong, région administrative chinoise qui dispose d'un statut spécial. Sur place, on dénonce une nouvelle incursion de Pékin dans les libertés. À Hong Kong, la correspondance de Florence de Changy :

"Il arrive assez souvent à Hong Kong, surtout récemment que lorsque retentit "La marche des volontaires", l'hymne national chinois,  avant un match de football, il soit hué. Il arrive aussi que les fans de l'équipe de foot de Hong Kong  tournent le dos, lèvent les bras en croix ou tiennent des panneaux disant « BOO », une manière de montrer leur hostilité à la Chine. Suite à l'annonce faite samedi par l'agence officielle Xinhua à Pékin, qu'une nouvelle loi allait être imposée à Hong Kong en la matière, l'opposition a demandé qu'une consultation publique ait lieu. Pour le moment, la confusion règne quant à l'application de cette loi. Certains affirment qu'il va falloir se lever dès lors que l'on entendra l'hymne dans un poste de radio ou de télévision, d'autres qu'il faudra s'arrêter de marcher. Le gouvernement a promis de rédiger au plus vite un projet de loi locale, qui prendra en compte la loi qui existe déjà à Hong Kong sur le respect du drapeau. La nouvelle loi sur l'hymne nationale sera soumise au Legco, le parlement local où depuis l'éviction de six candidats de l'opposition, le camp pro-Pékin a toutefois la majorité. Florence de Changy Hong Kong RFI."

EHP : Après les Panama Papers l'année dernière, les Paradise Papers ! Une nouvelle enquête mondiale menée par près de 400 journalistes.

PP : Des pratiques de dissimulation d’argent dans des paradis fiscaux par des multinationales, des personnalités. Parmi les noms cités : Wilbur Ross, secrétaire au commerce des Etats-Unis. Il aurait des liens d'affaires avec l'entourage de Vladimir Poutine, le président russe.

EHP : Comme chaque dimanche, Yvan Amar vous propose l'expression de la semaine.

PP : Et celle qui attire son attention, c'est « sans accroc » :

"La première opération du G5 Sahel s’est déroulée sans accroc, on l'apprend sur RFI et c'est une bonne nouvelle : cela veut dire que tout ça ne s’est pas si mal passé. Sans accroc, sans anicroche, c’est exactement la même image : rien n’a donc accroché. On voit que la racine, l’origine ce ces deux mots, anicroche et accroc, est la même. On pourrait dire aussi bien sans accrochage, mais l’expression est moins courante, elle existe pourtant et son sens se comprend facilement. Un accroc c’est un incident, une difficulté, pas très grave, mais quand même qui va tout ralentir, qui va empêcher le bon déroulement de ce qui est prévu. Et cette image au départ elle est plutôt textile, c'est-à-dire que un accroc c’est une petite déchirure dans un tissu et notamment dans un vêtement. C’est une maille qui est endommagée, qui est abimée, il y a un fil qui s'est cassé, qui s'est rompu donc il y a un trou. Mais ce tissu peut servir à autre chose qu’à s’habiller : le premier accroc coûte deux cents francs ! C’est le titre d’un roman d’Elsa Triolet et ce premier accroc concerne le tapis d’une table de billard. Et de façon plus générale, un accroc c’est un problème de relation entre deux personnes, c'est-à-dire un désaccord, on peut dire aussi un différend, une altercation, c'est-à-dire souvent une dispute, qui apparait comme un obstacle et on dit qu'un obstacle se dresse. Et justement, on va essayer d'aplanir cet obstacle, de le rendre plat alors qu’on n’aplanit pas un accroc."

PP : Sans accroc, l'expression de la semaine signée Yvan Amar. C'est la fin de ce journal en français facile. Il est 20h10 en temps universel, 21h10 à Paris.

Article publié le 5/11/2017

RFI - Radio France Internationale