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Infos en français facile : Édition du 4/11/2017 20h00

Transcription

Pierre Pillet : Il est 20 heures en temps universel, 22 heures à Beyrouth. Bonsoir et bienvenue, voici votre journal en français facile en compagnie d'Alexis Guilleux.

Alexis Guilleux : Bonsoir Pierre, bonsoir à tous.

PP : A la Une : la démission inattendue du Premier ministre au Liban.

AG : Saad Hariri dénonce l'influence du Hezbollah, ce mouvement armé qui fait partie du gouvernement. Il exprime aussi des craintes pour sa sécurité. Un retrait sur fond de rivalité régionale entre l'Iran et l'Arabie saoudite.

PP : Unité ou pas des indépendantistes en Catalogne pour les élections régionales de décembre ? C'est en tout cas l'appel lancé par le président de destitué de la région, Carles Puigdemont.

AG : Dans ce journal également, les résultats d'une étude sur les noirs marrons, les descendants d'esclaves africains.

PP : En fin d’édition, décryptage d'APPEL, c'est le mot de la semaine d'Yvan Amar.

AG : Il sera resté à peine un an en poste : le Premier ministre libanais démissionne.

PP : Saad Hariri dénonce la mainmise, c'est-à-dire l'influence du Hezbollah, mouvement armé qui fait partie du gouvernement. Il affirme qu'il ne se sent pas en sécurité. Une annonce faite depuis l'Arabie saoudite.

AG : Derrière ce retrait, les fortes tensions entre les deux grands rivaux de la région : d'un côté l'Arabie saoudite, soutien de Saad Hariri ; de l'autre, l'Iran, allié du Hezbollah. A Beyrouth, les expplications de Paul Khalifeh :

"L'annonce de la démission de Saad Hariri a surpris l'ensemble de la classe politique libanaise, y compris son propre camp. Dans des déclarations rapportées par la presse, le chef du gouvernement a affirmé que l'ambiance actuelle au Liban ressemble à celle qui prévalait à la veille de l'assassinat de son père Rafic Hariri, en février 2005. Selon des propos reproduits par la chaine panarabe Al-Mayadeen, Saad Hariri aurait accusé l'Iran d'essayer d'imposer un fait accompli au Liban. Cette démission intervient au lendemain d'une rencontre à Beyrouth entre le Premier ministre libanais et le conseiller du guide suprême iranien, Ali Akbar Wilayati. Ce dernier a exprimé son soutien, je cite « au gouvernement présidé par Saad Hariri. » Le départ surprise du Premier ministre survient moins d'une semaine après une visite à Riyad, au cours de laquelle il a été reçu par le prince héritier Mohammad Ben Salman. Après la rencontre, Hariri avait assuré que le royaume était soucieux de préserver la stabilité du Liban. Mais depuis plusieurs semaines, un ministre saoudien proche de Ben Salman multiplie les virulentes critiques et les menaces sur Twitter contre le Hezbollah, qu'il qualifie de milice terroriste à la solde de l'Iran. Thamer Al-Sabhane a sommé à plusieurs reprise le gouvernement libanais de prendre des mesures contre le parti chiite et a prévenu que de graves développements allaient se produire à l'avenir. Paul Khalifeh, Beyrouth, RFI."

PP : Téhéran rejette « les accusations sans fondement » du désormais ex Premier ministre libanais. « Cette démission est un nouveau scénario pour créer des tensions au Liban et dans la région. » Voilà pour la réaction du ministre iranien des affaires étrangères.

AG : Des combats intenses et le groupe Etat islamique est maintenant retranché dans une petite ville de l'est syrien. 

PP : Boukamal, sur les rives du fleuve Euphrate, près de la frontière avec l'Irak. Les défaites majeures se multiplient pour les djihadistes  Derniers exemples : la perte de Deir Ezzor, jeudi en Syrie et d'Al-Qaim, sur le sol irakien vendredi.

AG : RFI 21 H 4 à Barcelone et à Bruxelles. Carles Puigdemont semble avoir du mal à se faire entendre depuis la Belgique. C'est là où il se trouve en ce moment pour échapper à la justice espagnole après la déclaration d'indépendance de la Catalogne.

PP : Le président destitué de cette région appelle les indépendantistes catalans à l'unité. En d'autres termes, à créer un front commun pour les élections régionales de décembre. Mais pour certains, pas question de participer. Sur place, tous les partis s'organisent en vue du scrutin dans cette ambiance tendue. Les socialistes, favorables au maintien de la Catalogne dans l'Espagne, critiquent ouvertement le gouvernement démis de ses fonctions de Carles Puigdemont, mais aussi le pouvoir central. Ecoutez le secrétaire général du Parti socialiste, Miquel Iceta :

"Si nous en sommes là, ce n'est pas seulement à cause du gouvernement sortant. Il y a une responsabilité du gouvernement de l'Espagne, qui depuis 2011, n'a proposé aucun dialogue et aucune proposition politique pour résoudre le problème. Le gouvernement central a abandonné ces deux options pour privilégier la seule option judiciaire. Mais nous n'aurons de cesse de le diré : la responsabilité principale, c'est celle de ceux qui ont décidé de s'engager unilatéralement et illégalement vers l'indépendance. Tout en étant conscients qu'ils ne disposaient pas d'un soutien citoyen ou parlementaire suffisant. Deux millions de personnes ne peuvent pas imposer leur volonté à trois millions."

AG : Miquel Iceta, secrétaire général du Parti socialiste catalan. Propos recueillis par notre envoyée spéciale Aabla Jounaidi.

PP : En bref, Donald Trump arrive au Japon dans quelques heures. Première étape de la tournée du président américain en Asie dominée par un sujet : la Corée du Nord et ses tirs de missiles.

AG : L'ambassade des Etats-Unis en Somalie ordonne de son côté le départ d'une partie de son personnel. En cause : une menace précise. Hier, pour la première fois, l'armée américaine a bombardé le groupe Etat islamique dans ce pays.

PP : Dans l'actualité, on en sait plus sur les noirs marrons, c'est-à-dire les descendants des sept millions d'esclaves africains emmenés en Amérique du Sud. Une équipe de chercheurs publie une étude dans l'American journal of human genetics et Simon Rozé, on constate d'importantes disparités :

"Pour connaître l'histoire des noirs marrons, les chercheurs se sont appuyés sur des communautés vivant en Colombie, au Brésil, au Surinam et en Guyane française. Le matériel génétique de 230 personnes a été analysé pour déterminer leur ascendance et il a été comparé à des habitants d'Afrique de l'Ouest. Cette étude révèle ainsi de grandes différences entre les communautés. Par exemple, en Guyane Française et au Surinam, la composante africaine du code génétique des noirs marrons est de 98 %. En clair, cela veut dire que leurs ancêtres ont vécu pendant 400 ans dans des communautés relativement fermées, sans métissage. A l'inverse, pour les afro-descendants de Colombie et du Brésil, on observe un métissage bien plus important, notamment dans la lignée paternelle, qui a une composante européenne non négligeable. Un phénomène que les chercheurs expliquent historiquement par l'arrivée des colons dans ces pays. L'étude publiée va plus loin, elle a permis de déterminer de quelle région en Afrique venaient les ancêtres des noirs marrons. La population Afro-Colombienne a ainsi des liens avec le Ghana, le Bénin et le Nigéria occidental. Les Afro-Brésiliens sont eux plus proches des Angolais. Il s'agit là d'une confirmation des données historiques qui nous permettent d'en savoir plus sur le passé de ces esclaves africains."

AG : Les explications de Simon Rozé.

PP : Deux mois après le passage de l'ouragan Irma, le Premier ministre français se rend dans les Antilles. Actuellement en Martinique, Édouard Philippe ira à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, deux îles ravagées. L’Etat promet de mener une reconstruction exemplaire.

AG : Comme chaque samedi, Yvan Amar vous propose son mot de la semaine. Et au coeur de l'actualité ces derniers jours : le mot « appel » :

"Des appels en rafale ! Ce qui veut dire qu'il y en a eu beaucoup dont a parlé sur RFI depuis hier. Par exemple, dans le procès d’Abdelkader Merah, le parquet général déclare vouloir faire appel de la décision qui condamne ce prévenu, coupable de complicité d’association de malfaiteurs terroriste, mais il n'a pas été reconnu de complicité d’assassinat. Et il n’a pas été condamné à la réclusion perpétuelle, donc le parquet déclare qu'il veut faire appel. Par ailleurs, Fettah Malki, dans le même procès, Fettah Malki qui a procuré des armes à Mohamed Merah voudrait lui aussi faire appel. Et enfin la justice sud-africaine voudrait faire appel de la condamnation prononcée contre Oscar Pistorius, qui a tué sa compagne. Alors qu'est-ce que c'est qu'un appel dans le langage de la justice ? C’est une demande de révision, de réforme, de changement d’un verdict et le verdict, c'est la décision rendue dans un procès. Alors le condamné peut faire appel s’il pense qu'il a été jugé trop sévèrement. Faire appel, c’est l’expression la plus courante : on fait appel de ceci, on fait de cela, d’une décision, d’un jugement. Et dans une langue plus technique on dira qu’on va interjeter appel. Mais attention il y a un risque : la peine peut être confirmée ou parfois alourdie. Et là, il n’y a plus rien à faire. Mais il y a certaines décisions qui ne peuvent pas être changées, que ce soit dans un tribunal ou ailleurs. Par exemple, un arbitre, lors d’un match, décide qu’un pénalty est nécessaire, que tel joueur aura un carton rouge. On dit que sa décision est sans appel, c’est-à-dire qu'elle est définitive, qu'on ne peut rien y changer. Et au figuré, on dira également qu’une victoire est sans appel quand elle est nette, incontestable et qu’il n’y a aucun doute."

PP : Le mot de la semaine. Demain nous retroverons Yvan Amar pour l'expression de la semaine. En football, première place confortée au classement par le Paris-Saint-Germain : victoire 5-0 à Angers dans la douzième journée du championnat de France. A retenir, les doublés d’Edinson Cavani et Kylian Mbappé.

AG : Et l’AS Monaco suite le rythme du PSG, les Monégasques mènent actuellement 4-0 face à Guingamp. C’est la fin de ce journal en français facile, il est 21h10 à Paris. 

Article publié le 4/11/2017

RFI - Radio France Internationale