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Infos en français facile : Édition du 04/10/2017 20h00

Transcription

Florent Guignard : Radio France Internationale, il est 22 heures à Paris, 20 heures en temps universel.

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FG Bonsoir, bienvenue dans le journal en français facile, que je vous présente avec Zéphirin Kouadio, bonsoir Zéphirin.

Zéphirin Kouadio : Bonsoir Florent, bonsoir à tous.

FG Au sommaire de ce journal, Zéphirin, les suites du référendum sur l'indépendance de la Catalogne :

ZK Avec un discours du chef des indépendantistes catalans. Il a accusé le roi d'Espagne d'ignorer le vote des millions de Catalans. Dans un instant, nous retrouverons en direct notre correspondante à Barcelone.

FG Aux Etats-Unis, trois jours après la tuerie de Las Vegas, Donald Trump est sur place, à Las Vegas. Et nous serons en direct, dans ce journal, avec notre envoyé spécial.

ZK En Turquie, une quarantaine de personnes condamnées à la prison à vie.  C'est le verdict d'un des procès du coup d'Etat manqué contre le président Erdogan.

FG Enfin en France, des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants en marge d'un déplacement d'Emmanuel Macron. Mais le président n'en a rien vu.

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ZK Et les discours se succèdent en Espagne, trois jours après le référendum sur l'indépendance de la Catalogne.

FG Hier soir, le roi d'Espagne, Felipe VI, est sorti de sa réserve, de son silence, pour affirmer l'unité de l'Espagne, et pour condamner les volontés indépendantistes des Catalans, qui se sont prononcés dimanche, massivement, en nombre, à 90% en faveur de l'indépendance. Référendum jugé illégal, contraire à la constitution. Vingt-quatre heures après ce discours du roi d'Espagne, le chef des indépendantistes catalans a pris à son tour la parole, pour lui répondre. C'était il y a tout juste une heure. On retrouve tout de suite en direct notre correspondante à Barcelone, Diane Cambon. Diane, vous avez suivi ce discours de Carles Puigdemont.

Oui en effet, c’est un discours long, près de neuf minutes, que vient de tenir le président du gouvernement catalan. Dans ce message officiel, il est revenu avec fermeté sur le discours du Roi Felipe VI, prononcé hier soir. Carles Puigdemont, qui s'est adressé directement au monarque espagnol, a reconnu avoir été déçu par sa prise de position dans le conflit catalan. L'exécutif catalan régional espérait du roi une présence de médiateur entre Madrid et Barcelone. Je cite : « le monarque a fait siennes les idées politiques du gouvernement de Rajoy et ignore des millions de catalans qui pensent différemment. » Le leader Puigdemont s'est adressé également en castillan durant quelques minutes à tous les citoyens espagnols qui soutiennent le peuple catalan et les a remercié. Puigdemont a rappelé que ce peuple catalan représente une nation unie, qui s'appuie sur des valeurs démocratique. Il est revenu notamment sur les violences policières commises le jour du référendum. Enfin, le chef de l'exécutif régional a réitéré son intention de présenter lundi prochain lors d'une session plénière extraordinaire les résultats officiels du référendum et d'appliquer la feuille de route indépendantiste comme prévue. La déclaration unilatérale d'indépendance pourrait être approuvée en début de semaine malgré les menaces de représailles de Madrid.

FG Diane Cambon, en direct de Barcelone. Et aujourd'hui, à Bruxelles, le parlement européen a organisé un débat sur la Catalogne. La Commission européenne considère qu'il s'agit d'une affaire « interne » à l'Espagne - on peut donc comprendre qu'elle n'envisage pas de jouer les médiateurs. Et lors de ce débat, de multiples appels aux dialogues ont été lancés par la plupart des partis politiques.

ZK Donas Trump est à Las Vegas, et cela trois jours après la tuerie la plus importante de l'histoire des Etats-Unis - 58 morts et plus de 500 blessés.

FG Le président américain est venu rencontrer les forces de l'ordre, et des victimes, des blessés. Eric de Salve, vous êtes l'envoyé spécial de RFI à Las Vegas. Eric, Donald Trump s’est rendu dans l’un des hôpitaux de Las Vegas.

Oui, Florent. Le président américain et sa femme viennent d’ailleurs de finir cette visite dans le principal hôpital de Las Vegas. Ils ont rencontré les victimes de la tuerie pendant plus d’une heure. A l’issue de ces discussions, Donald Trump s’est exprimé. « Nous sommes avec vous à 100% », a-t-il dit. Il a notamment loué leur courage pendant le massacre, rappelant que certaines victimes avaient pris de grands risques pour en protéger d’autres, et saluant le travail des médecins. « Cela me rend fier d’être américain, », a-t-il dit. Donald Trump rencontre maintenant les policiers, notamment le shérif Lombardo, le chef du comté de Las Vegas. « Sans vous, cela aurait pu être pire », a-t-il dit. Interrogé à la volée par un journaliste sur la nécessité de durcir ou non la législation sur les armes, après ce pire meurtre de masse qu’aient connu les Etats-Unis, Donald Trump a immédiatement répondu : « On ne va pas parler de ça aujourd’hui. »

FG Eric de Salve, en direct de Las Vegas, dans le journal en français facile.

ZK En Turquie, maintenant, le verdict d'un des procès sur la tentative de putsch contre le président Erdogan – c’était en juillet 2015.

FG Un putsch, c'est un coup d'Etat militaire, quand l'armée veut prendre le pouvoir. En Turquie, il y a plus d'un an, c’était en juillet 2015, vous l’avez dit Zéphirin, l'armée avait échoué… C’était en juillet 2016, pardon ! L’armée avait échoué, le président n'avait pas été renversé. Et aujourd'hui, à l'issue d'un procès qui a duré six mois, quarante personnes ont été condamnées à la prison à vie. A Istanbul, la correspondance d'Alexandre Billette.

C'est peut-être le procès le plus symbolique de l'après-putsch, puisqu'il concernait directement ceux qui auraient voulu tuer Recep Tayyip Erdogan. Un procès qui avait commencé en février, alors que des centaines de manifestants réclamaient devant le tribunal la peine de mort pour les suspects. Aujourd'hui le verdict est sans surprise : coupables, entre autres de tentative d'assassinat, du meurtre de deux policiers et d'avoir voulu renverser l'ordre constitutionnel. Et puisque la peine de mort n'a pas - encore - été rétablie en Turquie, ils ont été condamnés pour la plupart à la prison à vie. Dans le cas d'une trentaine d'entre eux, comme l'ancien aide de camp du président turc, ils ont même été condamnés à quatre peines de prison à perpétuité. Comme dans plusieurs procès liés au putsch il y avait un absent, jugé par contumace : Fethullah Gülen, le cerveau du putsch selon Ankara. Il n'a cependant pas été condamné aujourd'hui : la Cour a préféré retirer son dossier du procès afin de pouvoir le juger séparément. Alexandre Billette, Istanbul, RFI.

ZK Et retour en France, avec une visite mouvementée, agitée, d'Emmanuel Macron.

FG Le président français était en déplacement en Corrèze, pour parler de la formation professionnelle et de l'apprentissage, qu'on appelle aussi l'alternance - ce système qui permet à des jeunes de suivre une formation dans un lycée, et en même temps d’apprendre un métier et de travailler, comme apprenti donc, dans une entreprise. Mais ce qu'on retient surtout de cette visite, Zéphirin, ce sont des affrontements entre les forces de l'ordre et des manifestants de l'entreprise GM&S. GM&S, on vous en a beaucoup parlé déjà sur RFI, c'est un sous-traitant de l'industrie automobile, il fabrique des équipements pour voiture, dans la Creuse, le département voisin de la Corrèze. Entreprise est en grande difficulté. Les gens en colère voulaient rencontrer le président de la République. Qui n'a pas voulu les voir. Reportage de Julien Chavanne.

Leur comité d’accueil est maintenu à bonne distance du campus. Ils sont 200, salariés ou licenciés de GM&S, en colère contre les conditions de reprise de leur groupe. Ils ont fait une heure et demie de route depuis la Creuse pour voir Emmanuel Macron. « Il est le président de tous les Français. Y a pas de raison qu’il soit allé chez Whirlpool cette semaine et que il veuille pas recevoir une délégation des maires et des GM&S en cause. Whirlpool, c’est facile, c’était tout fait. Là, c’est pas fait, ben il veut pas, voilà, il veut pas nous recevoir. Même pas nous recevoir ! C’est quand même quelque chose, quoi… » Arrivée au barrage des gendarmes, la manifestation dégénère. Des manifestants tentent de forcer le passage. Les forces de l’ordre ripostent à coup de gaz lacrymogène. Les larmes aux yeux, à bout de souffle, les manifestants reculent. Tout cela, le chef de l’Etat ne l’a pas vu. Emmanuel Macron arrive une heure plus tard sur le campus, à 200 mètres de là. A ses côtés, la ministre du Travail Muriel Pénicaud détourne elle aussi le regard. « Vous comprenez qu’on est venu ici pour mettre en valeur le sujet de l’apprentissage. Je serai prête à répondre à vos questions, mais pas dans ce cadre-là. Ça peut être à un autre moment très vite, puisqu’on voudrait concentrer aujourd’hui nos propos pour mettre en valeur l’apprentissage. » L’Elysée a proposé aux GM&S un rendez-vous avec le secrétaire d’Etat Benjamin Griveaux. Insuffisant pour les salariés et licenciés de l’entreprise. Julien Chavanne, Egleton, RFI.

FG RFI, il est 22 heures 10 à Paris, c’est la fin de ce journal en français facile. Très bonne soirée à tous.

Article publié le 04/10/2017

RFI - Radio France Internationale