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Infos en français facile : Édition du 3/11/2017 20h00

Transcription

Pierre Pillet : Il est 20 heures en temps universel, 21 heures à Paris et Barcelone. Bonsoir à tous et bienvenue, c'est l'heure de votre journal en français facile et pour nous accompagner : Alexis Guilleux.

Alexis Guilleux : Bonsoir Pierre, bonsoir à tous.

PP : Va-t-il être extradé vers l'Espagne ? Le président catalan destitué, actuellement sur le sol belge, désormais visé par un mandat d'arrêt européen.

AG : Mandat émis par la justice espagnole pour la déclaration d'indépendance de la Catalogne. Carles Puigdemont, lui, affirme qu'il sera bel et bien candidat aux élections régionales de décembre.

PP : Deir-Ezzor en Syrie et une localité dans l'ouest de l'Irak : les défaites majeures s'enchaînent pour les terroristes du groupe Etat islamique.

AG : Nous vous parlerons aussi de la découverte d'une nouvelle espèce d'orang-outan : le tapanuli.   

PP : En fin d'édition, direction le tournoi de tennis de Paris Bercy. Quarts de finale : le numéro un mondial Rafael Nadal forfait et nous verrons si la belle aventure du Français Julien Benneteau continue.

AG : Il ne veut pas échapper à la justice et il va se présenter aux élections régionales de Catalogne : Carles Puigdemont prend la parole ce soir.

PP : Déclaration depuis le sol belge du président catalan destitué, démis de ses fonctions. « Je vais aller à la justice, mais la vraie justice » : une nuance importante car selon lui l'Etat espagnol entame un procès politique. D'ailleurs, c'est officiel : il est visé par un mandat d'arrêt européen que la Belgique va étudier. En cause : la déclaration d'indépendance de sa région il y a une semaine. Plus de la moitié des membres du gouvernement de Catalogne, démis de leurs fonctions, ont été arrêtés. Réaction sur place : blocages et manifestations côté indépendantistes et l'appel à la raison chez les partisans de l'unité de l'Espagne. A Barcelone, reportage de notre correspondante Laeticia Farine :

A la maison, dans la rue, au parc, ou à la terrasse d’une brasserie, aux quatre coins de Barcelone aujourd’hui les conversations tournent autour du même sujet : la détention provisoire des neuf membres du gouvernement catalan. Il y a les indépendantistes qui s’en indignent et qui comptent manifester ce soir à 19 heures devant la mairie et puis il y a ceux qu’on entend moins, les partisans du mouvement pro-unité. S’ils sont beaucoup à se dire satisfaits de la décision de la justice aujourd’hui, ils restent nombreux à être inquiets pour l’avenir de la Catalogne. C’est le cas d’Isabel Sanchez Lopez, 58 ans : « C’est évident que quand certains se croient au-dessus des lois pendant plus de deux ans, la justice et les hommes politiques doivent faire quelque chose. C’était prévisible mais je suis tout de même très triste que nous en soyons arrivés là. Même si des élections sont prévues le 21 décembre, la situation va être compliquée, elle va être beaucoup plus tendue que prévue. Je ne veux pas être pessimiste mais je ne vois pas les choses d’un bon œil. » Pour Magdalena Madgnalena, fonctionnaire de 49 ans et sympathisante pro-unité, il est déjà trop tard car les indépendantistes ont divisé la société. « Pendant de nombreuses années, nous avons vécu plutôt bien, mais la question indépendantiste a provoqué une fracture sociale vraiment grande. Certains ne veulent pas le reconnaître mais c’est flagrant. On ne peut plus parler de politique de nos jours parce qu’il y a seulement deux camps possibles et ils sont adverses. » Alors que les mouvements sécessionnistes ont déjà prévu plusieurs rassemblements ainsi qu’une grève générale dans les prochains jours, ceux qui s’opposent à l’indépendance de la Catalogne attendent encore les consignes de l’association Société civile catalane, leader du mouvement pro-unité. Leticia Farine, Barcelone RFI.

AG : Et cette crise catalane a des conséquences sur l'économie de la Catalogne selon le gouvernement espagnol. Les touristes fréquentent moins les hôtels que l'année dernière à cette époque. Le tourisme, c'est 12% du produit intérieur brut de la région.

PP : Un deuxième procès Merah en vue. L'appel du parquet général, c’est-à-dire càd du ministère public après le verdict, jeudi, de la cour d'assises de Paris.

AG : Vingt ans de prison pour Abdelkader Merah pour association de malfaiteurs terroriste. Mais elle ne le juge pas complice des sept assassinats commis par son frère Mohamed, ce qui pourrait lui valoir la perpétuité.

PP : L'appel concerne aussi Fettah Malki, condamné à quatorze ans de prison. C'est lui qui a vendu l'arme et le gilet pare-balles à Mohamed Merah pour tuer des militaires, des enfants et un enseignant juifs en 2012. Il était au courant de sa radicalisation.

AG : Direction à présent le Proche-Orient. Deux défaites majeures en à peine 24 h pour le groupe Etat islamique. Dernière en date : Al-Qaïm, dans l'ouest de l'Irak, reprise par l'armée.

PP : Et jeudi Deir-Ezzor en Syrie, dernière grande ville sous contrôle des djihadistes. On fait le point avec Murielle Paradon :  

Deir-Ezzor a donc été reprise par l'armée syrienne, au terme d'intenses combats et avec l'aide de l'aviation russe, alliée du régime de Damas. C'est un nouveau coup dur pour l'organisation Etat islamique, qui après Raqqa, perd sa dernière grande ville en Syrie. Les djihadistes s'étaient emparés de Deir-Ezzor et de sa province riche en pétrole, en 2014. Les derniers combattants sont aujourd'hui vraisemblablement retranchés un peu plus au Sud, autour d'Aboukamal, à la frontière irakienne. Ce sera le prochain objectif de l'armée syrienne : les déloger de cette zone quasi-désertique où ils demeurent encore. De l'autre côté de la frontière, en Irak, les djihadistes ne contrôlent pratiquement plus aucun territoire. L'armée irakienne a pénétré dans le bourg d'Al Qaïm ce vendredi et a repris le poste-frontière qui mène en Syrie. Les combattants de l'organisation Etat islamique sont donc pris en étau. Mais si leur défaite territoriale est quasiment actée, cela ne signifie pas forcément leur disparition. Beaucoup prédisent un retour à la clandestinité pour le mouvement djihadiste, des actions de guerilla et une poursuite des attentats un peu partout dans le monde.

PP : Les explications de Murielle Paradon.

AG : Justement, le groupe Etat islamique affirme être derrière l'attentat de New York. Il paiera « le prix fort » lance Donald Trump. Réaction immédiate : des bombardements intensifs sur les zones où sévissent les djihadistes.

PP : Et ce soir, on apprend que les Etats-Unis frappent aussi cette organisation terroriste en Somalie. Plusieurs morts selon le Pentagone, le ministère de la Défense américain.

AG : En parlant de Donald Trump, voilà une information qui fait grand bruit : son compte Twitter désactivé brièvement jeudi.

PP : « Désolé, cette page n'existe pas » c'est ce qu'on a pu lire pendant onze minutes. Manipulation volontaire d'un employé pour son dernier jour de travail. « Un voyou » selon le président, qui twitte beaucoup. Même réaction de certains internautes. « Un héros » affirment au contraire d'autres utilisateurs. Twitter prend des mesures pour éviter que cela ne se reproduise.

AG : Dans l'actualité africaine, Teodorin Obiang, vice-président de Guinée équatoriale, fait appel dans l'affaire dite des « bien mal acquis. »

PP : Trois ans de prison et trente millions d’euros d'amende, deux peines avec sursis prononcées il y a une semaine à Paris. La justice lui reproche de s'être constitué un patrimoine de façon frauduleuse en France. Son hôtel particulier a notamment été saisi. 

AG : Les Libériens iront-ils voter mardi pour le second tour de l'élection présidentielle ? Eh bien ils ne le sauront que lundi. Décision attendue de la Cour suprême alors que des partis d'opposition dénoncent des fraudes au premier tour. Cela semble compliqué de tenir les délais car il faut acheminer les bulletins de vote et les urnes.

PP : RFI 3H et 7 minutes à Sumatra, en Indonésie, où une nouvelle espèce d'orang-outan a été découverte. Le tapanuli, huit cents membres et troisième espèce de grand singe seulement. Présentation avec William de Lesseux :

Ce sont les caractéristiques physiques de l'espèce qui expliquent que cette découverte est tardive. Ce n'est pas évident à l'oeil nu ! Il faut pousser les observations assez loin pour constater les différences. Qui sont bien réelles. Le crâne, d'abord. Sur un mâle mort en 2013, les chercheurs trouvent un crâne plus petit. Sa dentition aussi est différente. Encore plus dissimulé, c'est bien sûr l'ADN. L'analyse du génome de plusieurs individus a permis de valider toutes les différences physiques observées. Mais encore mieux, de découvrir la date d'apparition de l'espèce. Les Tapanuli constituent la plus ancienne lignée des orangs-outans. Ils se sont différenciés de la lignée principale il y a trois millions d'années. Les Tapanuli sont en danger. Les chercheurs insistent beaucoup là-dessus. Il faut des mesures rapides pour les protéger de la déforestation ou encore du braconnage. Entre 1985 et 2007, la superficie des forêts a fondu à Sumatra. 60% de l'habitat des orangs-outans a disparu.

AG : Explications William de Lesseux. Direction le tournoi de tennis de Paris Bercy, le Rolex Masters.

PP : On retrouve notre envoyé spécial, Eric Mamruth. Alors Eric, la belle aventure du Français Julien Benneteau, 35 ans a l’air bien partie pour continuer :

DIRECT TENNIS ERIC MAMRUTH

PP : C’est la fin de ce journal, 21h10 à Paris. 

Article publié le 3/11/2017

RFI - Radio France Internationale