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Infos en français facile : Édition du 01/10/2017 20h00

Transcription

20 h TU, 22 h à Paris

Gilles Moreau : Bonsoir à tous, voici votre journal en français facile.

Dans l'actualité :

Beaucoup de tension et même des violences lors du référendum sur l'indépendance de la Catalogne. La police espagnole est intervenue pour empêcher la tenue du vote. Il y a plusieurs dizaines de blessés. Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol,  est intervenu ce soir pour affirmer que les forces de l'ordre avaient « fait leur devoir » et que « l'Etat de droit » avait été respecté.

En France, deux jeunes femmes ont été poignardées cet après-midi à Marseille. Le meurtrier a ensuite été abattu par des militaires. Des témoins l'ont entendu crier « Allah Akbar » mais la piste terroriste n'est pas encore confirmée.

Au Cameroun, des incidents ont éclaté ce week-end dans les régions anglophones du pays à l'occasion d'une proclamation symbolique d'"indépendance" vis-à-vis du pouvoir central.

En Catalogne, le référendum sur l'indépendance s'est déroulé dans un climat tendu et même violent. Les blessés se comptent ce soir par dizaines. Près de 100 blessés, selon les autorités catalanes, pour la plupart légèrement atteints.  La police espagnole est intervenue en force pour empêcher la tenue du référendum. Elle a chargé des personnes protestant contre la fermeture des bureaux de vote, tirant même des balles en caoutchouc, parfois. Le Premier  ministre espagnol est intervenu ce soir pour affirmer que les forces de l'ordre avait fait leur devoir et que le pouvoir avait fait respecter l’Etat de droit. On écoute Mariano Rajoy :

« A l’heure qu’il est, je pourrais vous dire avec certitude ce que vous savez déjà. C’est ce que l’on a constaté tout au long de cette journée. Aujourd’hui, il n’y pas eu de référendum d’autodétermination en Catalogne. Aujourd’hui, nous, tous les Espagnols, avons constaté que notre Etat de droit conserve  sa force et son bienfondé, qu’il répond à ceux qui le contestent, qu’il est capable de répondre à ce qui veulent le subvertir,  qu’il actionne tous les recours légaux à sa disposition face à n’importe quelle provocation et qu’il le fait avec efficacité et légitimité.Aujourd’hui, nous n’avons assisté à aucune consultation mais à un simulacre. Je veux vous affirmer clairement que les responsables  de ces agissements aujourd’hui et de ceux qui nous ont amené jusque-là, ce sont eux seuls qui ont provoqué la violation de la légalité et la rupture de la concorde. »

Le Premier  ministre espagnol Mariano Rajoy. Traduction assurée par Benoit de Solminihac.  Un mot encore de cette scène étonnante cet après-midi à Barcelone : le Barça - très célèbre symbole de l'identité catalane - a dû jouer son match du championnat d'Espagne dans un Camp Nou totalement vide,  alors qu'il contient près de 100 000 places. Ce match a vu Barcelone gagner 3-0 contre Las Palmas. Il a dû se jouer à huis clos, en raison des incertitudes sur la sécurité liées au référendum.

5 blessés dont un policier dans une attaque peut-être terroriste au Canada. C'était la nuit dernière à Edmonton, dans l'ouest du pays. Un individu au volant d'une camionette a percuté volontairement un policier et des passants. Il s'est aussi servi d'une arme blanche. L'homme a pu être maîtrisé. Son geste rappelle des attaques jihadistes commises récemment dans plusieurs villes d'Europe.

Avec les FARC, l'ELN est l'autre grande guérilla en Colombie. Elle aussi veut donner sa chance à la paix. Après plus d'un demi-siècle de conflit en Colombie,  l'Armée de libération nationale a conclu avec le gouvernement un accord de cessez-le-feu. C’était  le 4 septembre dernier à Quito, en Equateur. En ce 1er octobre ce cessez-le -eu vient d’entrer en vigueur. Un arrêt des combats d'une durée limitée. Explications de notre correspondante à Medellin, Najet Benrabaa :

« Le cessez-le- feu est annoncé pour une durée de 101 jours. Selon le décret, il se terminera le 9 janvier 2018. Hier, les deux parties annonçaient la nouvelle avec fermeté. Le chef de l'ELN, Nicolas Rodriguez, alias Gabino, s'est exprimé par le biais d'une vidéo. Il a ordonné à ses 1 500 combattants - je cite “de cesser tout type d'activités offensives à partir de ce dimanche”. Le président colombien Juan Manuel Santos, déclarait lui, 'l'interruption des opérations militaires”. Rappelons que l’ELN est la dernière guérilla active du pays, fondée en 1964. Au contraire des FARC, un mouvement d'autodéfense de paysans, l'ELN entendait prendre le pouvoir pour un gouvernement démocratique et populaire. L’ONU enverra des observateurs dans 33 communes du pays pour vérifier que le cessez-le-feu est bien respecté par les deux camps.De leur côté, les Colombiens restent pessimistes sur cette trêve. Car l’ELN fait toujours la Une des journaux. Cette trêve historique débute d'ailleurs une semaine après une série d'attaque contre les forces publiques et l'un des principaux oléoducs du pays qui ont fait un mort et entrainé une pollution pétrolière des rivières dans le nord du pays. »

Au Cameroun, des incidents ont éclaté ce week-end dans les régions anglophones du pays. Des incidents survenus à l'occasion d'une proclamation symbolique d'"indépendance" vis-à-vis du pouvoir central.  Les séparatistes avaient choisi pour manifester ce 1er octobre, une date très symbolique. La réunification officielle des parties anglophone et francophone du Cameroun est intervenue le 1er octobre 1961.  

En France, l'émotion est grande après la mort de deux jeunes femmes, poignardées aujourd'hui par un homme à Marseille. Un homme criant "Allah Akbar " d'après des témoins. Il a poignardé ses victimes devant la gare St Charles,  avant d'être abattu par des militaires. Les jeunes femmes avaient 17 et 20 ans. Leur meurtrier était connu des services de police pour diverses infractions. L’enquête a été confiée au parquet antiterroriste de Paris pour notamment "assassinats".  Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb s’est rendu sur place. Il a employé le conditionnel sur ce caractère terroriste :

« Cet acte pourrait être de nature terroriste, mais à cette heure nous ne pouvons pas l'affirmer. Le parquet C1 de Paris a été saisi. Et donc l'enquête est en cours à la fois au niveau local et au niveau national sur l'acte qui a été commis cet après-midi. La personne qui a agressé les deux jeunes femmes qui ont été tuées a été abattue par les militaires du dispositif Sentinelle. Nous avons des images vidéo qui permettront d'apprécier la situation.  Les militaires ont réagi avec beaucoup de sang froid et peut-être empêcher que d'autres personnes ne soient victime de l'individu en question. »

 Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, arrivé cet après-midi à Marseille. Parmi les autres réactions : le président Emmanuel Macron s'est dit  "profondément indigné par un acte barbare". "Nous ne baissons pas la garde", a réagi le Premier ministre Edouard Philippe. " Marseille pleure avec ses pauvres victimes. L'assassin aussi répugnant que ses motifs", a twitté Jean-Luc Mélenchon, député de Marseille et chef de file de la France Insoumise.

Il est temps de retrouver Yvan Amar, pour l’expression de la semaine. Aujourd'hui "Reprendre la main", à propos de Theresa May et du congrès du parti conservateur en Grande Bretagne :

« Lors de la convention des Conservateurs, lors de cette réunion de son parti, on nous dit que Theresa May veut reprendre la main. En effet, elle et très critiquée, par ses adversaires, et ses alliés dans son camp. Elle aurait donc intérêt à assurer son autorité, elle à l’initiative de ce qui se passe : ne pas être sur la défensive, ne pas répondre aux attaques, mais être une vraie chef de gouvernement : il faut qu’elle mène le jeu, et pour ça qu’elle reprenne la main, pour pouvoir proposer des directions, lancer des actions politiques. Reprendre la main donc, qui est une expression qui vient des jeux de cartes. Au bridge, à la belote, dans d’autres jeux encore, quand on fait un pli, quand on prend les cartes des autres, on ré-attaque, on met sur le tapis la première carte du pli suivant. Et les autres doivent s’y plier. On choisit donc sa couleur, et les autres devront suivre. Si vous jouez du trèfle, ils devront mettre du trèfle, ou couper avec l’atout, ou jouer une autre couleur qui sera perdante, s’ils n’ont plus de trèfle. Mais en tout cas, c’est vous qui proposez, et qui choisissez ce qui peut embarrasser votre adversaire. Et votre autorité n’est pas contestée ? »

Yvan Amar, merci. C’est la fin de votre journal en français facile. Bonsoir à tous !

Article publié le 01/10/2017

RFI - Radio France Internationale